La scène politique sénégalaise est en pleine effervescence suite à l’annonce de la démission d’El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, intervenue ce dimanche. Ce départ inattendu pourrait bien ouvrir la voie à l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko pour la présidence du Parlement, quelques jours seulement après que le président Bassirou Diomaye Faye l’ait relevé de ses fonctions.
M. Ndiaye a justifié sa décision par des motifs liés à sa conception des institutions et à l’intérêt national, comme il l’a indiqué dans une publication sur Facebook, sans toutefois préciser davantage les raisons de son geste. Fidèle allié d’Ousmane Sonko, il avait été élu à la tête de l’Assemblée après le triomphe du parti Pastef lors des élections législatives de 2024, où il avait conquis 130 des 165 sièges.
Les parlementaires sont attendus en séance plénière ce mardi pour statuer sur la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député, avant de procéder à l’élection du futur président de l’Assemblée nationale. Cette éventualité marquerait un renforcement significatif de l’ascendant du leader du Pastef, dont la popularité demeure intacte auprès d’une frange notable de la population sénégalaise, démontrant un certain éveil citoyen Afrique face aux enjeux politiques.
La semaine dernière, vendredi, le président Bassirou Diomaye Faye avait déjà mis un terme aux fonctions de son Premier ministre, consacrant ainsi une fracture politique entre deux figures qui avaient pourtant accédé ensemble aux rênes du pouvoir en avril 2024. Ousmane Sonko, écarté de la course présidentielle suite à une condamnation judiciaire, avait alors apporté son soutien indéfectible à Bassirou Diomaye Faye, sous la bannière emblématique « Diomaye Moy Sonko ».
Les dissensions entre les deux principaux dirigeants du Sénégal étaient perceptibles publiquement depuis plusieurs mois. Ousmane Sonko exprimait notamment son désaccord quant au manque d’autorité qu’il percevait chez le chef de l’État, et critiquait la lenteur des actions judiciaires visant des personnalités de l’ancienne administration de Macky Sall, suspectées de corruption.
Pour sa part, le président Faye s’inquiétait de l’influence croissante d’Ousmane Sonko au sein de l’appareil d’État et du parti majoritaire. La divergence s’est approfondie suite aux nouvelles critiques formulées par l’ancien Premier ministre, directement à l’Assemblée nationale, concernant la gestion des fonds alloués à la politique.
En dépit de son départ du gouvernement, Ousmane Sonko maintient une emprise politique considérable. Des centaines de citoyens africains, ses partisans, se sont rassemblés vendredi soir devant sa résidence à Dakar, convertissant son éviction en une manifestation éclatante de soutien populaire et de mobilisation citoyenne.
Le président Faye est désormais face au défi de désigner un nouveau Premier ministre, dont la nomination devra impérativement être validée par les députés, dans un climat politique sénégalais qui s’annonce particulièrement instable.