3 juin 2026
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Une fracture inattendue entre le président et son ancien allié au Sénégal

Saikou Seydi
Les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont commencé à s'intensifier en juillet 2025 lorsque le Premier ministre de l'époque avait critiqué ouvertement le président.

Le Premier ministre sénégalais a dévoilé hier la composition de son nouveau gouvernement. Quelques heures plus tôt, Ousmane Sonko, figure majeure du parti Pastef-Les Patriotes, avait clairement indiqué qu’aucun membre de son parti n’y figurerait. Cette annonce officialise la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié politique.

Cette séparation surprend et attriste une partie de la jeunesse sénégalaise. À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, des étudiants expriment leur incompréhension face à la fin d’une alliance qui symbolisait l’espoir de changement pour le pays.

L’espoir brisé d’une génération

Assis sous un arbre de la Faculté des Lettres, Amath Segnane révise ses cours. Comme beaucoup de jeunes électeurs, il avait placé sa confiance dans le tandem Diomaye Faye-Sonko. « Ils nous avaient promis une union sans faille, affirmant que leur collaboration était solide et qu’ils travailleraient ensemble pour transformer le Sénégal. Aujourd’hui, leur séparation nous laisse un goût amer », confie-t-il avec désillusion.

Pour lui, cette rupture remet en cause l’image d’unité qui avait marqué leur parcours politique. Les espoirs d’un avenir meilleur semblent s’éloigner.

La jeunesse sénégalaise divisée par la rupture entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Une séparation inévitable pour certains

Mamadou Bah, étudiant en Sciences économiques et de Gestion, estime quant à lui que cette rupture était prévisible. « L’ancien Premier ministre avait depuis longtemps adopté une attitude de défiance envers le président. Il se considérait au-dessus des institutions. Son éviction et cette séparation étaient donc logiques. Je soutiens totalement les décisions du chef de l’État », déclare-t-il.

Malgré sa déception, il reconnaît que Bassirou Diomaye Faye était en droit de reprendre le contrôle de l’exécutif.

Entre doutes et espoirs de réconciliation

Omar Sarr, étudiant en arabe, refuse pour sa part d’admettre une rupture définitive. « Sans Sonko, Diomaye n’aurait jamais accédé à la présidence. Leur parcours commun est trop marqué pour que tout soit terminé. Certains soutiennent le président, d’autres Sonko. Pour moi, cette séparation est temporaire. Je refuse d’y croire », explique-t-il avec conviction.

Aujourd’hui, Bassirou Diomaye Faye dirige le pays sans le soutien de son parti d’origine, tandis qu’Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, se retrouve dans l’opposition. Une nouvelle dynamique politique qui alimente les débats au sein de la société sénégalaise.