La France a décidé de rompre définitivement ses relations diplomatiques avec le Burkina Faso, marquant une escalade majeure dans les tensions entre les deux nations. Dans un communiqué officiel, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé le retrait immédiat et total de tout son personnel diplomatique présent sur le sol burkinabè. Cette mesure, prise en réponse à l’annonce unilatérale de Ouagadougou de rompre les liens, illustre la gravité de la crise qui oppose les deux pays depuis plus d’un an.
Les autorités françaises ont convoqué le chargé d’affaires burkinabè à Paris le 30 juin pour lui signifier cette décision, appliquant strictement le principe de réciprocité. Conformément à cette logique, Paris a exigé que l’intégralité du personnel diplomatique burkinabè quitte le territoire français dans un délai de sept jours. Une réponse ferme, mais attendue, à une situation qui s’est progressivement dégradée depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, à la suite du coup d’État de septembre 2022.
Le ministère français des Affaires étrangères a catégoriquement rejeté les accusations portées par le gouvernement burkinabè, selon lesquelles la France soutiendrait des groupes terroristes. Ces allégations ont été qualifiées de « totalement infondées », alors que Paris réaffirme son engagement sans faille dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. La France a également rappelé son opposition catégorique à toute forme de violence dirigée contre les populations civiles dans la région.
Dans ce contexte de tensions accrues, le Quai d’Orsay a émis un avis de vigilance renforcée à destination des ressortissants français présents au Burkina Faso. Plus de 2 000 Français résident actuellement dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, tandis que plus de 6 000 Burkinabè vivent en France. Une communauté qui pourrait être directement affectée par cette rupture des relations bilatérales.
L’escalade entre les deux pays s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des partenariats traditionnels avec l’Occident. Depuis son accession au pouvoir, le gouvernement militaire burkinabè a adopté une posture de plus en plus souverainiste, multipliant les critiques envers la France et dénonçant ce qu’il considère comme des ingérences dans ses affaires intérieures. En 2023, Ouagadougou avait déjà exigé le départ de l’ambassadeur français, annulé l’accord de coopération militaire avec Paris et mis fin à la présence des forces françaises engagées contre les groupes djihadistes.
Cette politique de distancing s’est accompagnée d’un rapprochement progressif avec de nouveaux partenaires, notamment la Russie, la Turquie et l’Iran. Une orientation stratégique qui reflète une volonté affichée de diversifier les alliances et de réduire la dépendance vis-à-vis des anciennes puissances coloniales. Une tendance observée dans plusieurs pays du Sahel ces dernières années, où les gouvernements militaires privilégient désormais des relations avec des acteurs perçus comme moins conditionnels.