9 mai 2026
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Alors que la capitale togolaise, Lomé, s’affiche en tant que médiateur principal dans la sous-région, une réalité bien plus préoccupante émerge des coulisses diplomatiques occidentales. D’après des sources diplomatiques concordantes et des rapports de renseignements américains consultés, le gouvernement de Faure Gnassingbé aurait secrètement organisé des pourparlers entre le capitaine Ibrahim Traoré et des factions djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). L’objectif ciblé : obtenir une trêve fragile au Burkina Faso, mais au prix d’une trahison lourde de conséquences pour le Mali d’Assimi Goïta. En favorisant une alliance entre ces groupes terroristes et les rebelles du Front de Libération de l’Azawad (FLA) pour fragiliser Bamako, le dirigeant togolais s’aventurerait sur un terrain dangereux au Sahel, menaçant l’unité de l’Alliance des États du Sahel (AES) pour ses propres intérêts de survie politique.

Depuis des décennies, le Togo, sous l’égide des Gnassingbé, a su maintenir sa position en se rendant indispensable. Faure Gnassingbé, héritier d’un système autocratique établi depuis un demi-siècle, semble avoir compris que pour masquer ses dérives internes, il devait endosser le rôle de « facilitateur » incontournable dans la région du Sahel. Cependant, au-delà des apparences et des sourires affichés lors des sommets à Lomé, les services de renseignements, notamment la CIA et les renseignements militaires français, documentent depuis plusieurs mois un réseau diplomatique clandestin bien plus nocif. Le constat des agences de renseignement est formel : le Togo ne se contenterait plus de dialoguer avec des régimes issus de coups d’État ; il servirait désormais d’intermédiaire entre des États souverains et des entités terroristes figurant sur les listes noires internationales.

L’accord secret : le JNIM épargne Ouagadougou pour viser Bamako

L’investigation révèle que, sous la supervision de Faure Gnassingbé, des émissaires de Ouagadougou et des hauts responsables du JNIM se sont rencontrés à plusieurs reprises. L’accord négocié serait d’une simplicité déconcertante et cynique : le JNIM réduirait ses activités au Burkina Faso, permettant ainsi au capitaine Ibrahim Traoré de consolider son pouvoir national. En contrepartie, le JNIM bénéficierait d’une plus grande liberté d’action pour cibler une priorité stratégique : le Mali.

Cet arrangement ne se limiterait pas à un simple pacte de non-agression. Les services de renseignements américains signalent une stratégie bien plus complexe. Lomé aurait encouragé, ou du moins facilité, une convergence d’intérêts entre le JNIM et les rebelles du FLA. L’objectif de cette alliance inattendue ? Provoquer la chute du colonel Assimi Goïta à Bamako, jugé potentiellement trop inflexible ou trop proche d’influences externes qui contrarieraient les calculs stratégiques de Lomé.

La rupture de l’AES : le tournant du 25 avril

La vérité éclate au grand jour lors des attaques d’ampleur survenues le 25 avril dernier. Alors que les forces armées maliennes étaient violemment prises pour cible par une coalition hybride du JNIM et du FLA, un événement sans précédent a confirmé l’existence de ces accords secrets. Dans un communiqué diffusé via leurs canaux de propagande habituels, les assaillants ont explicitement enjoint le Burkina Faso et le Niger de ne pas intervenir. Le message était clair : « C’est une affaire entre nous et Bamako ». Plus troublant encore, le silence et l’inactivité des troupes burkinabè et nigériennes ce jour-là ont sidéré les experts militaires.

Conformément aux arrangements négociés à Lomé, Ibrahim Traoré aurait délibérément abandonné son « allié » malien face au danger. Cette passivité n’est pas le fruit d’une erreur tactique, mais l’application rigoureuse d’un protocole de non-ingérence signé sous l’autorité de Faure Gnassingbé. L’Alliance des États du Sahel, censée incarner une solidarité inébranlable contre la menace terroriste, s’est désintégrée sur l’autel de cette présumée trahison togolaise.

Pourquoi Faure Gnassingbé adopte-t-il cette stratégie ?

Cette stratégie semble principalement motivée par la survie politique à travers la création d’un certain chaos. En contribuant à déstabiliser ses voisins, Faure Gnassingbé s’assurerait qu’aucun modèle de transition ne connaisse un succès éclatant, tout en restant l’interlocuteur privilégié capable de « calmer le jeu » auprès des partenaires internationaux. Le chantage à la sécurité représente également un levier puissant. En maintenant un contact direct avec le JNIM, le Togo protégerait ses propres frontières septentrionales, sacrifiant ainsi le Mali pour éviter que les attaques ne se propagent vers Lomé. Enfin, l’affaiblissement d’Assimi Goïta demeure une priorité. Le leader malien, par son intransigeance, éclipserait la diplomatie togolaise. Sa chute ou son affaiblissement restaurerait à Faure Gnassingbé son rôle de pivot régional, au détriment de la solidarité africaine.

Une diplomatie de « pompier-pyromane » aux répercussions désastreuses

Les manœuvres du régime de Faure Gnassingbé, qui seraient condamnables si elles n’étaient pas si dangereuses, engendrent des conséquences potentiellement irréversibles. Les relations entre le capitaine Ibrahim Traoré et le colonel Assimi Goïta sont aujourd’hui profondément altérées par la méfiance. Comment maintenir la confiance lorsque l’un est accusé de négocier avec les assaillants de l’autre ? En agissant de la sorte, le gouvernement togolais n’aurait pas seulement affaibli le Mali ; il aurait également offert au JNIM une victoire stratégique majeure : la désunion des forces armées sahéliennes. Le groupe terroriste n’aurait plus besoin de combattre toutes les armées simultanément ; il lui suffirait de conclure des pactes locaux, validés par un État côtier complaisant, pour isoler ses cibles une par une.

Le coût de l’autocratie

Le Togo, sous la direction de Faure Gnassingbé, semble s’isoler progressivement derrière un écran de fumée diplomatique. En pensant manipuler habilement les groupes terroristes et les jeunes dirigeants avides de pouvoir, le chef d’État de Lomé aurait anéanti l’espoir d’une réponse coordonnée et efficace au terrorisme dans la sous-région. L’histoire retiendra que c’est depuis Lomé que l’on aurait préparé le coup porté au Mali. Les services de renseignements occidentaux perçoivent désormais le « médiateur » togolais pour ce qu’il est réellement : un acteur déstabilisateur qui, pour se maintenir au pouvoir, serait prêt à livrer le Sahel aux flammes de la discorde et du djihadisme. La chute éventuelle d’Assimi Goïta porterait la marque de Lomé, mais le chaos qui en découlerait n’épargnerait personne, pas même ceux qui pensaient l’avoir maîtrisé.