Refonte de la commission électorale en Côte d’Ivoire : la société civile veut apaiser les tensions
En Côte d’Ivoire, la question de la gouvernance électorale reste au cœur des débats après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). La Plateforme des 37 organisations de la société civile ivoirienne (PEC-CI) a présenté, lors d’une conférence de presse organisée à Abidjan le 14 mai 2026, ses propositions pour une refonte totale du système électoral et un dialogue politique élargi.
Le président de la PEC-CI, Ebrin Yao Rémi, a souligné l’urgence d’engager un dialogue direct et inclusif avec les principales figures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Selon lui, cette démarche est essentielle pour apaiser les tensions politiques et permettre à tous les acteurs de contribuer à l’élaboration d’un cadre électoral consensuel.
Un dialogue politique indispensable pour la stabilité du pays
La PEC-CI insiste sur l’importance de privilégier « l’intérêt général » dans un contexte marqué par des divergences persistantes sur l’organisation des élections. Elle rappelle que la stabilité de la Côte d’Ivoire dépend largement de la capacité des forces politiques à s’entendre autour d’un dialogue franc et constructif.
Une refonte totale du système électoral pour rétablir la confiance
Sur le plan institutionnel, la plateforme propose une refonte complète du système électoral. Elle recommande que la nouvelle structure chargée de l’organisation des élections soit confiée exclusivement à la société civile, en excluant toute participation directe des partis politiques. Cette nouvelle institution devrait être créée via un appel à candidatures ouvert, garantissant ainsi la compétence, l’indépendance et la transparence des membres sélectionnés.
La PEC-CI suggère également que cette future entité dispose d’un budget autonome, voté par l’Assemblée nationale, afin de renforcer son indépendance financière et institutionnelle. Cette proposition intervient dans un climat de méfiance croissante entre les acteurs politiques et les institutions électorales. La plateforme justifie sa position par un constat critique du fonctionnement de l’ancienne Commission électorale indépendante, qu’elle juge responsable de violences, de contestations des résultats et de pertes en vies humaines lors des précédents scrutins.
Une dissolution de la CEI critiquée pour son manque de concertation
Bien que reconnaissant que l’ancienne CEI résultait de compromis politiques entre les différentes parties, la PEC-CI regrette que sa dissolution ait été décidée sans consultation préalable de l’opposition et des acteurs clés de la société civile. Elle estime qu’un tel manque de concertation pourrait fragiliser davantage le climat politique à l’approche des prochaines échéances électorales.
En conclusion, la PEC-CI appelle à une réforme profonde et consensuelle du système électoral ivoirien, une condition qu’elle juge essentielle pour restaurer la confiance entre les institutions, les acteurs politiques et les citoyens.