24 juin 2026
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rdc : l’église catholique contre un potentiel troisième mandat pour Tshisekedi

Goma, juin 2026 – En République démocratique du Congo, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a lancé une mise en garde solennelle contre toute manœuvre politique visant à permettre un troisième mandat à Félix Tshisekedi.

Un appel au respect de la Constitution

Lors de leur assemblée plénière extraordinaire du 18 au 20 juin, les évêques congolais ont réitéré leur attachement absolu à la Constitution de 2006. Ils ont souligné que toute tentative de modifier les règles encadrant la durée des mandats présidentiels pourrait compromettre la stabilité politique du pays. Dans leur déclaration, rendue publique par le secrétaire général Donatien Nshole, les prélats rappellent l’importance de l’ordre constitutionnel pour garantir la paix et la cohésion nationale.

Un serment à honorer

Les membres de la CENCO ont insisté sur la nécessité pour le président Tshisekedi de « respecter le serment prononcé devant Dieu et devant le peuple congolais » au moment de son investiture. Pour eux, toute remise en cause des limites constitutionnelles actuelles équivaudrait à une trahison du pacte républicain, fruit des longues années de crises traversées par le pays.

Le référendum : une porte ouverte aux spéculations ?

Cette déclaration intervient alors que le Parlement a récemment adopté une loi encadrant l’organisation des référendums. Les évêques y voient un risque : ce texte pourrait permettre une consultation populaire sur des sujets sensibles, dont celui de la limitation des mandats présidentiels. Plusieurs observateurs politiques n’hésitent d’ailleurs plus à évoquer ouvertement la possibilité d’un prolongement du mandat actuel.

La majorité présidentielle contre-attaque

Face à ces craintes, les partisans du pouvoir affirment que la nouvelle loi sur les référendums vise simplement à renforcer le dialogue démocratique. Ils insistent sur le droit du peuple à s’exprimer sur des questions nationales majeures. Pourtant, les déclarations de Félix Tshisekedi en mai dernier à Kinshasa ont semé le doute : « Je ne demande pas de troisième mandat, mais je me conformerai à la volonté populaire si elle l’exige. » Ces propos ont immédiatement relancé les débats sur ses intentions réelles pour 2028.

Un appel à la vigilance citoyenne

La CENCO a appelé la population à rester attentive et à rejeter, par des moyens pacifiques et légaux, toute tentative de modification des règles constitutionnelles. Selon la loi actuelle, le mandat présidentiel en RDC est limité à cinq ans, renouvelable une seule fois, soit un maximum de deux mandats. Félix Tshisekedi, en poste depuis 2019, achève actuellement son second mandat.

Un calendrier électoral sous surveillance

Les prochaines élections présidentielles sont prévues en décembre 2028, sauf changement institutionnel majeur ou imprévu. L’Église catholique, par cette intervention, confirme son rôle clé dans les débats politiques congolais, alors que la question d’un éventuel troisième mandat s’impose comme l’un des sujets les plus sensibles du pays.