5 août 2026
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Coup dur pour TikTok en RDC : le CSAC veut fermer les comptes liés à la rébellion M23

Une décision radicale se profile à Kinshasa. Christian Bosembe, président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), a annoncé la fermeture imminente des comptes TikTok qui propagent la rhétorique de la rébellion AFC-M23 en République Démocratique du Congo. Des échanges sont d’ores et déjà engagés avec les dirigeants de la plateforme pour appliquer cette mesure sans délai.

Pourquoi cette mesure est-elle nécessaire selon le régulateur congolais ?

Le CSAC dénonce une tolérance dangereuse envers des contenus numériques qui, selon lui, menacent directement la sécurité nationale. Christian Bosembe s’insurge contre la présence de comptes liés à Corneille Nangaa — qu’il qualifie de « terroriste » — sur un réseau social en période de conflit armé.

À titre de comparaison, il interroge publiquement : « Un compte du Hezbollah serait-il toléré en France ? Un compte d’Al-Qaïda serait-il accepté aux États-Unis ? » La réponse, évidente pour lui, est un « non » catégorique. Pourtant, en RDC, les appels à la violence et la désinformation de l’AFC-M23 circulent sans entrave, selon ses déclarations.

La fermeture de TikTok : une question de souveraineté et de protection

Christian Bosembe justifie cette décision par son devoir de préserver l’ordre public et la cohésion nationale. Il rappelle que d’autres pays africains, comme le Gabon, ont déjà opté pour le blocage de TikTok pour des raisons similaires. Pour lui, il est temps que la RDC affirme sa souveraineté numérique face à une plateforme qui, selon ses termes, « alimente le chaos ».

Les accusations contre les rebelles de l’AFC-M23 sont lourdes : meurtres de civils, déplacements massifs de populations et exploitation illégale des ressources minières de l’Est du pays, avec un soutien présumé du Rwanda. Dans ce contexte, le CSAC estime que couper les canaux de propagande en ligne est une nécessité stratégique.

« L’État congolais doit se respecter. Et pour cela, il doit fermer ces réseaux qui servent de porte-voix à l’ennemi », déclare avec fermeté le président du régulateur.

Un tournant dans la régulation des réseaux sociaux en Afrique ?

Cette annonce relance un débat crucial : celui de la régulation des plateformes numériques en période de crise. La RDC, engagée dans une guerre médiatique contre la désinformation, cherche à reprendre le contrôle sur des outils accusés de favoriser l’ennemi. La décision du CSAC pourrait ainsi marquer un précédent en Afrique, où les États font face à des défis similaires.

Dans un contexte où les fake news et les appels à la violence se propagent à une vitesse record, cette mesure illustre la volonté des autorités congolaises de protéger la population et de défendre l’intégrité du territoire national.