22 juillet 2026
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Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD) en juin 2026

Une rivalité persistante autour du rôle des élections au Maroc

Le Maroc assiste actuellement à un débat intense opposant deux forces politiques majeures : le Parti de la justice et du développement (PJD) et le mouvement Al Adl Wal Ihsane. Cette querelle, qui s’est intensifiée ces derniers mois, porte sur l’utilité même des élections dans le paysage politique marocain.

Le PJD, parti islamiste modéré, défend l’idée que les élections restent un outil essentiel pour l’expression démocratique et la participation citoyenne. À l’inverse, Al Adl Wal Ihsane, mouvement islamiste plus radical, remet en cause la légitimité des scrutins organisés sous le régime actuel, les jugeant comme une façade pour maintenir un système politique qu’il juge corrompu.

Les arguments du PJD en faveur des élections

Pour le PJD, les élections représentent une opportunité pour les citoyens de peser sur les décisions politiques et de faire entendre leur voix. Le parti met en avant plusieurs points clés :

  • Légitimité démocratique : Les élections permettent de légitimer les gouvernements et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions.
  • Participation citoyenne : Elles offrent aux Marocains un moyen d’exprimer leurs revendications et de contribuer à la construction du pays.
  • Stabilité politique : Une participation active aux élections peut favoriser une gouvernance plus stable et représentative.

Abdelilah Benkirane, figure emblématique du PJD, a récemment réaffirmé cette position, soulignant que « les élections sont le socle d’une démocratie véritable, même imparfaite ». Selon lui, boycotter les scrutins reviendrait à abandonner le terrain politique aux forces les moins progressistes.

La position d’Al Adl Wal Ihsane : critique du système électoral

De son côté, Al Adl Wal Ihsane adopte une posture plus radicale. Le mouvement considère que les élections organisées sous l’égide du régime actuel ne reflètent pas une véritable volonté populaire. Ses dirigeants avancent plusieurs arguments :

  • Manque de transparence : Le processus électoral marocain serait entaché d’irrégularités et de manipulations, selon le mouvement.
  • Instrumentalisation politique : Les élections serviraient à légitimer des décisions prises en amont par les élites au pouvoir, sans réelle consultation citoyenne.
  • Alternative nécessaire : Al Adl Wal Ihsane prône une refonte complète du système politique, rejetant toute participation aux scrutins tant que les conditions ne seront pas réunies pour des élections libres et équitables.

Cette divergence de vues a ravivé les tensions entre les deux camps, chacun accusant l’autre de nuire à l’intérêt général. Les partisans du PJD dénoncent l’intransigeance d’Al Adl Wal Ihsane, tandis que ce dernier accuse le PJD de cautionner un système qu’il juge illégitime.

Quelles conséquences pour le Maroc ?

Cette rivalité met en lumière les fractures au sein de la société marocaine. D’un côté, les défenseurs des élections y voient un moyen de progresser vers une démocratie plus inclusive. De l’autre, les sceptiques considèrent que les scrutins actuels ne changent rien à la donne politique et sociale.

Les analystes s’interrogent sur l’impact à long terme de cette querelle. Certains estiment qu’elle pourrait affaiblir la mobilisation citoyenne, tandis que d’autres y voient une opportunité pour repenser les mécanismes de participation politique. Une chose est sûre : le débat est loin d’être clos, et ses répercussions pourraient façonner l’avenir politique du Maroc.