22 juillet 2026
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Le Sénégal s’apprête à vivre un moment judiciaire historique. La Haute Cour de Justice a fixé au 22 juillet prochain l’ouverture du procès d’Aïssatou Sophie Gladima, ancienne titulaire des Mines et de la Géologie sous Macky Sall. Placée sous mandat de dépôt depuis plusieurs mois, l’ex-ministre devra répondre des faits qui lui sont reprochés devant une juridiction d’exception dédiée aux membres du gouvernement. Ce procès s’inscrit dans une démarche de transparence initiée par les nouvelles autorités dakaroises.

une instance exceptionnelle dans le paysage judiciaire sénégalais

La Haute Cour de Justice occupe une place unique dans le système judiciaire du Sénégal. Composée de députés élus par leurs pairs, elle est la seule à pouvoir juger les ministres pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions, qualifiés de crimes ou de délits. Son utilisation reste exceptionnelle : depuis l’indépendance, peu de dossiers y ont abouti, ce qui confère à chaque audience une dimension politique majeure, bien au-delà du cadre pénal.

Le dossier Gladima s’inscrit dans cette lignée. Transmis par l’Assemblée nationale après un vote autorisant sa mise en accusation, il a suivi un long processus d’instruction avant d’aboutir à un renvoi devant la formation de jugement. Les débats publics s’annoncent particulièrement suivis par les acteurs du secteur extractif, le domaine minier étant un pilier de l’économie nationale.

la lutte contre la corruption au cœur de l’action gouvernementale

Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko en 2024, la lutte contre les détournements présumés est devenue une priorité. Plusieurs anciens ministres, directeurs généraux et responsables administratifs ont été placés en garde à vue, auditionnés ou incarcérés. Le procès Gladima s’inscrit dans cette logique, aux côtés d’autres dossiers traités par le pôle judiciaire financier ou par la Haute Cour, selon le statut des personnes mises en cause.

Sophie Gladima a dirigé le ministère des Mines et de la Géologie entre 2019 et 2022, une période marquée par le développement de l’industrie aurifère et les premiers pas de l’exploitation des hydrocarbures. Les investigations portent sur la gestion des fonds publics et les décisions prises dans le cadre de ses fonctions. À ce stade, la présomption d’innocence s’applique, et la défense n’a pas encore dévoilé sa stratégie pour les audiences.

un signal fort pour le secteur minier et les investisseurs

Au-delà de l’ancienne ministre, ce procès envoie un message aux opérateurs économiques actifs au Sénégal. Le secteur minier, centré sur l’or de Kédougou, les phosphates de Thiès et le zircon de la Grande Côte, connaît une phase d’expansion avec l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux et le développement des hydrocarbures offshore. Les investisseurs observeront avec attention la manière dont la justice sénégalaise traite les décisions administratives passées, notamment les octrois de permis et les avenants contractuels signés sous la législature précédente.

Pour les autorités actuelles, l’enjeu est double : démontrer la solidité des dossiers tout en évitant les accusations de justice sélective. Les soutiens de l’ancienne majorité dénoncent régulièrement une instrumentalisation des procédures à des fins politiques, tandis que la coalition Pastef défend une exigence de transparence réclamée par les électeurs. Le 22 juillet, la Haute Cour de Justice deviendra le théâtre de ce débat, avec des audiences qui pourraient attirer l’attention des chancelleries étrangères et des partenaires financiers.

L’organisation des débats, la liste des témoins convoqués et le calendrier prévisionnel du délibéré restent à préciser. Ces éléments détermineront l’impact réel de ce procès sur la jurisprudence sénégalaise en matière de responsabilité ministérielle.