12 août 2026
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L’influence de Moscou en Libye s’étend désormais sur six bases aériennes stratégiques, où des équipements militaires modernes et des contingents étrangers sont déployés. Ces installations, autrefois abandonnées, abritent désormais des systèmes de défense antiaérienne, des avions de combat MiG-29 et des drones, tandis que des mercenaires et des militaires russes y opèrent activement.

Une stratégie militaire russe en Afrique du Nord

Selon les dernières analyses géospatiales, la Russie a consolidé sa présence en Libye en investissant dans des infrastructures clés. Les bases aériennes de Al-Joufra, Al-Khadim, Al-Qardabiyah, Brak Al-Shati, Maaten al-Sarra et Tamenhant servent de plateformes logistiques pour le transfert d’armes et de combattants vers des zones de conflit en Afrique.

Maaten al-Sarra : un hub stratégique pour le Sahel

Située près des frontières du Tchad et du Soudan, la base de Maaten al-Sarra est devenue un point névralgique pour les opérations russes dans la région. Rénovée en 2024 par des soldats syriens, elle permet d’approvisionner directement le Burkina Faso, le Mali et le Soudan. Les experts soulignent que cette position offre à Moscou un avantage logistique majeur pour déstabiliser les pays voisins.

Un analyste de l’Eurasia Daily Monitor explique : « Une présence russe à Maaten al-Sarra offrirait à la Russie la possibilité d’expédier discrètement des armes vers le Tchad ou le Soudan, renforçant ainsi son influence dans le Sahel. »

Al-Khadim : une plaque tournante pour le trafic d’armes

À moins de 100 km à l’est de Benghazi, la base d’Al-Khadim est utilisée pour des opérations clandestines, notamment le trafic d’armes vers les Forces de soutien rapide soudanaises. Des infrastructures récentes, comme des hangars et des logements, ont été ajoutées, confirmant son rôle central dans les réseaux d’approvisionnement russes.

En 2025, des investigations ont révélé des liens entre cette base et des acteurs du groupe Gazprom, mettant en lumière des échanges entre la Libye et la République centrafricaine.

Les autres bases : des avant-postes russes en expansion

  • Al-Joufra : utilisée depuis 2019 par des paramilitaires russes, cette base a subi des rénovations majeures.
  • Al-Qardabiyah : rattachée à l’aéroport de Syrte, elle abrite désormais des défenses de périmètre et des pistes modernisées.
  • Brak Al-Shati : cette base du Sud-Ouest libyen a vu ses effectifs passer de 300 à 450 militaires en un an.
  • Tamenhant : ancien repaire des mercenaires de Wagner, elle sert aujourd’hui de relais pour les livraisons d’armes au Soudan.

Un frein à la paix en Libye

La présence militaire russe complique les efforts d’unification du pays en bloquant l’expulsion des mercenaires étrangers. Les factions libyennes soutenues par des puissances extérieures résistent aux initiatives de paix, prolongeant ainsi l’instabilité.

Un spécialiste du Middle East Council on Global Affairs précise : « La Russie entrave le dialogue politique en Libye, prolongeant ainsi les divisions et les conflits dans la région. »