29 juillet 2026
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Paul Biya : le silence inquiétant du président camerounais

Le président Paul Biya, figure emblématique du Cameroun, n’a plus été vu en public depuis le 7 juin 2026. À cette date, le journal officiel Cameroon Tribune avait annoncé son départ pour un « court séjour privé en Europe ». Pourtant, après plus de 50 jours d’absence, ni son lieu de résidence ni une date de retour n’ont été communiqués. À 93 ans, cette disparition prolongée alimente les spéculations et les craintes quant à la stabilité politique du pays.

Le président camerounais Paul Biya prononce un discours en présence du pape Léon XIV (hors champ) au palais présidentiel de Yaoundé, lors du troisième jour d'un voyage apostolique de 11 jours en Afrique, le 15 avril 2026.

Cette absence prolongée, couplée au mutisme des autorités, suscite des interrogations croissantes. Les partis d’opposition évoquent une « vacance du pouvoir », un gouvernement en « pilotage automatique » ou encore un fonctionnement en « télétravail ». Mais que dit la Constitution camerounaise en cas d’absence prolongée du chef de l’État ? Cette situation pourrait-elle paralyser la gestion des dossiers nationaux ?

Une absence sans précédent

Âgé de 93 ans, Paul Biya est le président en fonction depuis le plus longtemps au Cameroun. Son départ soudain pour l’Europe, officiellement pour un « court séjour privé », n’a donné lieu à aucune communication officielle depuis. Les rumeurs vont bon train : certains évoquent un problème de santé, d’autres une volonté de laisser le pays fonctionner sans lui. Pourtant, le silence persistant des institutions ne fait qu’amplifier les doutes.

Les partis d’opposition s’emparent du sujet

Les forces politiques camerounaises ne restent pas indifférentes. Plusieurs partis d’opposition, notamment ceux qui critiquent depuis longtemps le régime, ont tiré la sonnette d’alarme. Ils parlent d’une « vacance du pouvoir » et dénoncent un manque de transparence. Certains observateurs s’interrogent : le Cameroun est-il dirigé à distance, sans véritable leadership visible ?

Que prévoit la Constitution en cas d’absence prolongée ?

Selon les experts constitutionnels, le Cameroun dispose de mécanismes pour gérer une absence prolongée du président. La Constitution prévoit notamment la possibilité d’une « vacance du pouvoir » si le président est dans l’incapacité d’exercer ses fonctions. Dans ce cas, le président du Sénat assure l’intérim. Cependant, aucune procédure officielle n’a été engagée à ce jour, ce qui laisse place à toutes les interprétations.

Des conséquences sur la gestion du pays ?

L’absence prolongée du président pourrait-elle bloquer des décisions cruciales pour le Cameroun ? Certains analystes craignent un ralentissement des réformes et une paralysie des institutions. D’autres estiment que le gouvernement continue de fonctionner, mais sans la visibilité nécessaire pour rassurer la population et les partenaires internationaux.

Une chose est sûre : cette situation inédite met en lumière les défis liés à la succession politique au Cameroun. À l’heure où le pays fait face à des enjeux majeurs, la question de la gouvernance reste plus que jamais au cœur des débats.