3 juin 2026
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Partenariat eau Maroc-UE : 3,7 milliards de dirhams pour sécuriser les ressources hydriques face au changement climatique

Ce partenariat historique entre le Maroc et l’Union européenne marque une avancée majeure dans la lutte contre les défis climatiques. Avec un financement de 3,7 milliards de dirhams, ce programme ambitieux vise à transformer la gestion des ressources en eau du Royaume.

Signature d'un partenariat Maroc-UE pour la gestion durable de l'eau
Le Maroc et l’Union européenne unissent leurs forces pour relever l’un des défis les plus critiques du XXIe siècle : la gestion durable de l’eau. À Rabat, les autorités marocaines et les représentants européens ont officiellement lancé un programme d’appui au Plan national de l’eau (PNE), doté d’un budget total de 3,7 milliards de dirhams (environ 348 millions d’euros). Cette initiative s’inscrit dans une logique de coopération renforcée, mobilisant l’Allemagne, l’Italie et la France aux côtés de l’UE.

Ce partenariat, annoncé lors d’une cérémonie officielle en présence des ministères concernés, repose sur une enveloppe de 514,4 millions de dirhams de subventions européennes. Il est complété par des prêts concessionnels s’élevant à près de 3,2 milliards de dirhams, octroyés par la KfW (Allemagne), la Cassa Depositi e Prestiti (Italie) et l’Agence française de développement (AFD), qui pilote ce dispositif.

Quatre axes stratégiques structurent ce programme ambitieux. D’abord, il vise à approfondir la connaissance des ressources hydriques du pays, particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Ensuite, il entend renforcer la résilience face aux phénomènes extrêmes comme les sécheresses ou les inondations. La préservation des nappes phréatiques et le développement des capacités institutionnelles des acteurs du secteur figurent également parmi les priorités. Enfin, un volet technique important permettra de partager des expertises entre les partenaires européens et marocains.

Lors de son discours, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a souligné l’importance vitale de cette ressource. « L’eau est un patrimoine à protéger pour les générations futures et un enjeu de souveraineté nationale », a-t-il déclaré. Face aux épisodes de sécheresse répétés qui frappent le Royaume, il a rappelé que le Maroc mise sur une approche proactive, transformant progressivement son modèle de gestion hydrique. Ce programme devrait ainsi contribuer à renforcer la résilience du pays et à assurer une utilisation durable de ses ressources.

Pour l’Union européenne, cette initiative s’aligne sur ses priorités stratégiques. L’ambassadeur européen au Maroc a mis en avant son adéquation avec le Partenariat vert Maroc-UE et le Pacte pour la Méditerranée, qui placent la résilience climatique et la gestion de l’eau au cœur de la coopération euro-méditerranéenne. Il a également souligné que l’approche « Équipe Europe » permet de mobiliser des ressources financières et techniques complémentaires, offrant des solutions concrètes aux défis climatiques communs.

Le bassin méditerranéen, et le Maroc en particulier, fait face à une pression croissante sur ses ressources hydriques. Entre 2017 et 2025, le Royaume a subi plusieurs épisodes de sécheresse sévère, tandis que la demande en eau a continué d’augmenter en raison de la croissance démographique et du développement économique. Ce programme s’ajoute aux efforts déjà déployés dans le cadre du Plan national de l’eau et du Programme national d’alimentation en eau potable et d’irrigation (PNAEPI) 2020-2027.

Les ambassadeurs d’Allemagne, d’Italie et de France ont salué cette initiative, la qualifiant de modèle de coopération régionale. L’Allemagne, via la KfW, concentrera ses efforts sur l’adaptation au changement climatique et la protection des nappes souterraines. L’Italie apportera son expertise en gestion des ressources hydriques et intégrera une dimension d’égalité de genre dans le secteur. Pour sa part, la France, représentée par l’AFD, veillera à la mise en œuvre efficace du programme, en intégrant les enjeux de résilience climatique et d’égalité femmes-hommes.