
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a prononcé un discours musclé ce week-end à l’occasion du congrès national de son parti, Pastef, tenu à Dakar. Devant des milliers de militants survoltés, le leader du parti au pouvoir a lancé un avertissement sans équivoque à ses adversaires politiques, affirmant que « le Sénégal va trembler » face à la détermination de son gouvernement à appliquer les réformes promises.
Sonko, entouré de plusieurs cadres du parti dont le président Bassirou Diomaye Faye, a dénoncé une opposition qu’il accuse de vouloir « freiner la marche du pays ». Il a promis de « nettoyer en profondeur » les institutions et de poursuivre la lutte contre la corruption, quels que soient les obstacles. Le ton résolument offensif du Premier ministre vise à galvaniser sa base électorale et à réaffirmer sa mainmise sur l’appareil d’État, moins d’un an après son accession au pouvoir.
Un congrès sous haute tension
Cette démonstration de force intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des procès contre des figures de l’opposition et des débats houleux à l’Assemblée nationale. En choisissant de durcir le ton, Ousmane Sonko cherche à envoyer un message clair : son gouvernement n’entend pas céder face aux contestations. Les militants de Pastef, eux, ont répondu présent en nombre, scandant des slogans en faveur d’une « rupture radicale ». Une mobilisation citoyenne qui témoigne de l’ancrage populaire du parti, mais qui inquiète les observateurs quant à l’état de la démocratie sénégalaise.