Dans le nord-est du Nigeria, l’armée nigériane vient de franchir une étape majeure dans sa lutte contre les groupes jihadistes Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Un rapport détaillé présenté à Maiduguri révèle l’élimination de plus de 1 100 insurgés, la libération de 638 civils et la saisie d’un arsenal militaire conséquent depuis avril 2025.
Un bilan militaire sans précédent contre les factions jihadistes
Le général Abdulsalam Abubakar, commandant sortant de l’opération HADIN KAI, a révélé des chiffres qui marquent un tournant dans ce conflit qui perdure depuis 2009. Les offensives ciblées menées dans des zones stratégiques comme la forêt de Sambisa, les monts Mandara et les abords du lac Tchad ont permis de démanteler plusieurs bastions clés des groupes armés.
Parmi les pertes infligées aux insurgés, on dénombre 1 106 combattants éliminés, ainsi que la neutralisation de 295 engins explosifs improvisés (EEI), une menace récurrente qui freine les mouvements des troupes et cible les civils. De plus, 475 armes à feu, incluant des fusils d’assaut et des armes lourdes, ont été récupérées lors des opérations.
Renseignement militaire et démantèlement des réseaux logistiques
L’intelligence opérationnelle a joué un rôle clé dans cette avancée. Grâce à des actions ciblées, 758 collaborateurs et logisticiens présumés ont été arrêtés. Ces réseaux, essentiels au ravitaillement des insurgés en nourriture, carburant et matériel de communication, représentent un maillon crucial dans leur survie.
Parallèlement, la pression militaire a accéléré le processus de reddition. 969 personnes, incluant des combattants et leurs familles, ont déposé les armes ou quitté les zones sous contrôle jihadiste. Ces rescapés bénéficient désormais des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) mis en place par les autorités.
Libération des otages : un succès humanitaire majeur
Parmi les victoires les plus marquantes de cette campagne, la libération de 638 civils, dont des femmes et des enfants enlevés lors de raids dans des villages isolés. Ces personnes, soumises à des protocoles médicaux et psychologiques, sont progressivement réintégrées grâce à l’intervention des organisations humanitaires et des autorités locales.
Un défi sécuritaire toujours présent malgré les avancées
Malgré ces résultats encourageants, la menace jihadiste persiste. L’ISWAP, faction dissidente de Boko Haram affiliée à l’État islamique, conserve une capacité opérationnelle élevée. Ses tactiques d’embuscades et d’utilisation d’EEI continuent de poser un risque pour les populations et les forces de sécurité.
Le nouveau commandement de l’opération HADIN KAI devra donc consolider les gains militaires tout en sécurisant durablement les zones libérées. La priorité reste le retour des plus de deux millions de déplacés et la restauration de la paix dans cette région durement éprouvée par plus de quinze ans de conflit.