Le général Abdourahamane Tiani et son régime de transition au Niger viennent de franchir une ligne rouge. En brandissant un ultimatum de 45 jours assorti d’une exigence financière délirante de plus de 3 000 milliards de francs CFA (soit près de 5 milliards de dollars) à l’encontre du géant chinois CNPC, les autorités nigériennes transforment une crise économique en un conflit géopolitique majeur. Ce basculement pourrait marquer un tournant décisif pour l’avenir du pays, déjà en proie à une asphyxie financière sans précédent.
Un ultimatum menaçant : la CNPC dans le viseur du pouvoir nigérien
Affaibli par des dépenses militaires excessives, une dette publique explosive et une chute vertigineuse des recettes pétrolières, le régime de Tiani cherche désespérément des liquidités. Le prétexte invoqué ? Un prétendu retard dans le rapatriement des recettes pétrolières d’exportation, qualifiées d’insuffisantes par les autorités. Pourtant, le bloc d’Agadem, exploité par la CNPC via sa filiale WAPCO, aurait rapporté seulement 105 milliards de francs CFA en deux ans aux caisses de l’État — un chiffre contesté par les experts, qui soulignent les montages financiers opaques et les prêts chinois déjà accordés au Niger.
Sept coups de pression contre la Chine : l’art de transformer un partenaire en ennemi
Pour justifier cette tentative de racket, le gouvernement nigérien a établi une liste de sept exigences conçues pour étouffer la CNPC et ses filiales (WAPCO et SORAZ). Ces mesures, présentées comme des contreparties légales, cachent en réalité une stratégie d’intimidation aux relents nationalistes et protectionnistes :
- Injection forcée de liquidités : L’obligation pour la CNPC de rapatrier des sommes colossales en francs CFA selon un calendrier irréaliste, sous peine de sanctions.
- Quotas d’emploi locaux aberrants : Imposition d’un taux d’embauche de 90 % de personnel nigérien, bien au-delà des capacités du marché local et des compétences requises.
- Remise en cause de l’oléoduc Niger-Bénin : Exigence d’un audit contesté de l’infrastructure (évaluée à 2,3 milliards de dollars) pour imposer des tarifs de transport revus à la hausse, au grand dam des deux États concernés.
- Prise de contrôle hostile de la raffinerie SORAZ : Éviction progressive des cadres chinois au profit de responsables nommés par la junte, sous couvert de