3 juin 2026
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La capitale nigérienne, Niamey, est le théâtre d’une profonde controverse suite à l’annonce d’une vaste opération de déguerpissement affectant 26 000 habitants. Cette initiative, menée par l’administration de transition sous l’autorité du général Abdourahamane Tiani, est vivement critiquée par la société civile en raison de l’absence totale de mesures d’accompagnement ou de solutions de relogement. La primauté de la force brute sur les droits humains fondamentaux pose une interrogation fondamentale sur la nature de la gouvernance actuelle.

« J’ai vécu une nuit d’insomnie », a confié Maikoul Zodi, une personnalité éminente de la société civile au Niger, exprimant ainsi sa consternation face à ce qui s’apparente à une crise humanitaire imminente. L’expulsion de 26 000 individus de leurs habitations équivaut à effacer une localité de taille moyenne en un instant. Bien que les autorités invoquent fréquemment des motifs d’aménagement urbain ou de sécurité pour justifier de telles actions de démolition, la procédure actuelle soulève de sérieuses questions quant à sa légalité et son humanité.

Une violation manifeste des cadres juridiques nationaux et internationaux

L’exercice du pouvoir ne saurait se limiter à la promulgation d’ordonnances d’expulsion émanant du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). La mission première de toute gouvernance est d’assurer la protection de ses citoyens. En abandonnant des milliers de foyers à une précarité extrême, l’administration en place démontre un affranchissement des principes juridiques les plus élémentaires.

Maikoul Zodi souligne avec pertinence que la législation nigérienne, de concert avec les normes internationales, y compris les traités sur les droits économiques, sociaux et culturels ratifiés par le Niger, établit un cadre strict pour les opérations de libération du domaine public. Toute démarche d’une telle envergure requiert impérativement :

  • Une étude préalable d’impact et de faisabilité,
  • Un dénombrement exhaustif des populations concernées,
  • Et, de manière cruciale, une compensation équitable ainsi qu’un projet de relogement viable avant toute mise en œuvre.

L’absence de ces garanties essentielles conduit à qualifier cette intervention d’« expulsion forcée », une pratique proscrite par le droit international et considérée comme une atteinte flagrante aux droits de l’homme.

Les répercussions humaines : des milliers d’individus abandonnés à leur sort

Au-delà de la terminologie administrative du « déguerpissement », se dissimulent des drames humains poignants. Des milliers d’enfants voient leur parcours scolaire interrompu, tandis que des femmes, des seniors et des travailleurs à faibles revenus sont subitement confrontés à l’itinérance et à une pauvreté abyssale.

Dans un environnement socio-économique déjà fragilisé par des crises répétées, il est difficile de concevoir qu’une administration puisse délibérément contraindre ses propres ressortissants à l’expulsion sans considération pour leur avenir. Aucune solution n’est proposée à ces 26 000 personnes, qui se retrouvent ainsi délaissées face à une destinée incertaine.