Le gouvernement tchadien a fermement rejeté les accusations des Nations Unies concernant la mort de civils lors d’opérations aériennes ciblées contre Boko Haram dans la région du Lac Tchad. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 14 mai, N’Djamena a exigé des éléments de preuve et s’est déclarée ouverte à l’accueil d’une mission d’enquête indépendante.
Les Nations Unies avaient précédemment fait état, dimanche, de la mort d’une centaine de civils, victimes présumées de frappes aériennes menées par le Nigeria et les forces armées tchadiennes, notamment lors d’interventions visant Boko Haram dans le nord-est du Nigeria et au Tchad. L’organisation internationale avait alors appelé à l’ouverture d’une investigation.
Pour Gassim Chérif Mahamat, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, ces allégations manquent de fondement. « Nous accueillons ces informations avec surprise. Ces accusations graves visent à discréditer l’Armée tchadienne, pourtant en première ligne dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le bassin du Lac Tchad. C’est une armée professionnelle qui a amplement prouvé ses capacités », a-t-il affirmé.
Selon les déclarations officielles, les zones visées par l’aviation tchadienne ne comprenaient « ni civils ni pêcheurs ». Le porte-parole a souligné qu’« à ce stade, aucune preuve formelle ne vient étayer ces accusations ». Il a précisé que N’Djamena est prête à « mener ses propres investigations et à inviter les Nations Unies ou toute autre entité internationale à se rendre sur le terrain pour conduire des enquêtes indépendantes ».
Le représentant du gouvernement a rappelé que l’état d’urgence en vigueur dans la zone vise à garantir la sécurité et le bien-être des populations locales, avec un déploiement permanent des forces armées et des services de sécurité.
Il a également mis en lumière la stratégie de lutte contre Boko Haram, qui repose sur deux axes essentiels : l’aspect sécuritaire et le volet socio-économique. D’après lui, l’État a massivement investi dans la région afin de contrer l’endoctrinement, souvent favorisé par la pauvreté et le manque criant d’infrastructures.
« Le Tchad paie le plus lourd tribut, à travers sa population et son armée, constamment mobilisée », a insisté Gassim Chérif Mahamat. Il a rappelé que le pays n’est pas le seul État riverain du Lac Tchad et qu’il collabore étroitement avec le Nigeria dans ce combat contre la nébuleuse Boko Haram.
Les 4 et 6 mai derniers, le groupe jihadiste avait attaqué des positions de l’Armée tchadienne, causant plusieurs pertes humaines et des blessés. Pour N’Djamena, la responsabilité de ces violences incombe clairement à Boko Haram, et non aux forces armées tchadiennes.