Un mois. Trente jours exactement que Moussa Kaka, correspondant historique de RFI à Niamey et figure majeure du journalisme nigérien, a été interpellé par les services de sécurité. Aucune charge officielle n’a été notifiée depuis. La pression monte à Niamey.
Une interpellation sans cadre légal connu
Les faits sont simples et troublants. Moussa Kaka exerçait son métier de journaliste lorsqu’il a été enlevé puis placé en détention par les services de sécurité du régime dirigé par Abdourahamane Tiani. Un mois s’est écoulé. Ni les autorités judiciaires ni les autorités militaires n’ont publiquement retenu la moindre charge contre lui. Aucune procédure officielle n’a été rendue publique. Cette absence totale de justification nourrit les pires craintes sur son état de santé, les conditions de sa détention et le respect des règles élémentaires de droit.
Le monde du journalisme se mobilise
Des confrères et des organisations de défense de la liberté de la presse, notamment Reporters sans frontières, continuent de réclamer sa libération immédiate et sans condition. Tous soulignent le professionnalisme constant de Moussa Kaka, qui couvre depuis des décennies l’actualité politique, sociale et sécuritaire du Niger. Leur message est sans ambiguïté : rien ne justifie cette arrestation. Ils dénoncent un déni de justice qui se prolonge et une entrave inacceptable au travail d’information.
Un climat de répression qui s’étend au Sahel
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de restriction de l’espace démocratique et de la liberté de la presse au Sahel central. Depuis l’arrivée au pouvoir de régimes militaires dans la région, les journalistes indépendants et les correspondants étrangers subissent des pressions croissantes : suspensions d’antenne, menaces directes, intimidations. D’autres figures emblématiques en font les frais, comme Soumana Idrissa Maïga, directeur de publication du quotidien L’Enquêteur, inculpé pour atteinte à la défense nationale, ou la blogueuse et journaliste Samira Sabou, régulièrement ciblée. La mobilisation, elle, ne faiblit ni au Niger ni à l’international. Ce mois de silence illustre les risques extrêmes que prennent chaque jour les professionnels de l’information pour rendre compte de la réalité du terrain.