Mopti sous l’assaut du JNIM : un tournant stratégique pour le Mali

Une offensive éclair qui rebat les cartes au Sahel

Un samedi matin comme les autres a basculé dans la violence à Bayman, près de Mopti. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a frappé fort, revendiquant la prise d’une position tenue par des milices pro-Gouvernement d’union nationale et de restauration de la démocratie (milices pro-Goïta), surnommées « Russafricains » par leurs adversaires en raison de leur collaboration avec les forces russes. Cette attaque, qui marque un nouveau revers pour Bamako, s’inscrit dans une série d’offensives djihadistes remettant en cause les efforts sécuritaires du régime.

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Des pertes difficiles à évaluer, mais un impact stratégique immédiat

Le JNIM affirme avoir neutralisé plusieurs combattants lors de l’assaut, sans pour autant fournir de bilan détaillé. Le flou entoure le nombre exact de victimes, mais l’événement s’ajoute à une litanie de défaites militaires maliennes, dont l’attaque de Dioura en septembre dernier, où plus d’une centaine de soldats et mercenaires russes ont péri. Une piqûre de rappel douloureuse pour une armée qui peine à inverser la tendance.

La coopération malio-russe : une stratégie en question

Malgré les annonces triomphales des autorités plus de 4 800 terroristes « neutralisés » et 850 frappes aériennes depuis mai 2026 les djihadistes maintiennent la pression. Les chiffres officiels, non vérifiés de manière indépendante, peinent à masquer une réalité crue : les positions militaires restent vulnérables, et les populations continuent de subir les conséquences d’un conflit sans issue claire. La présence russe, loin d’endiguer la menace, semble insuffisante pour inverser le rapport de force.

Des milices sous pression, un pouvoir contesté

Les milices pro-Gouvernement, souvent décrites comme le bras armé des autorités, paient un lourd tribut dans cette guerre asymétrique. Leur proximité avec les forces russes, bien que critiquée par les groupes armés, n’a pas suffi à sécuriser leurs positions. À Mopti, chaque avancée du JNIM érode un peu plus la crédibilité des promesses de Bamako en matière de sécurité.

Vers un nouveau paradigme sécuritaire au Mali ?

Cette attaque à Bayman soulève une interrogation majeure : jusqu’où les autorités maliennes pourront-elles tenir face à une insurrection qui gagne en audace ? Les djihadistes, loin d’être affaiblis, prouvent chaque jour leur capacité à frapper là où on ne les attend pas. Dans un pays où l’État peine à exercer son autorité au-delà de la capitale, le JNIM s’impose comme un acteur incontournable, redessinant les contours d’une guerre qui n’en finit pas de s’aggraver.

Par Souleymane Ali — Journaliste

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