20 juillet 2026
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modernisation fiscale et douanière au Gabon : vers une collecte des recettes plus performante

Libreville — La quête d’une administration publique plus efficace et transparente passe, au Gabon, par une refonte en profondeur des mécanismes de collecte des recettes. En unissant leurs forces, la Direction générale des Douanes et Droits indirects ainsi que la Direction générale des Impôts franchissent une étape décisive dans la modernisation des finances publiques du pays.

Cette initiative, bien au-delà d’une simple coordination administrative, s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la souveraineté budgétaire gabonaise. Elle repose sur une collaboration renforcée entre les deux régies financières, essentielle pour lutter contre les réseaux de fraude et optimiser le rendement fiscal.

Le 14 juillet à Libreville, le Général de Brigade Hugues Modeste Odjangou, Directeur général des Douanes et Droits indirects, et Édith Laure Oyaya épouse Mbiguidi, Directrice générale des Impôts, ont acté le lancement d’un partenariat opérationnel ambitieux. Cette démarche s’inscrit dans le cadre des priorités nationales, où la mobilisation des ressources internes est placée au cœur des efforts pour financer les investissements majeurs dans les infrastructures, les services publics et la diversification économique.

Une gouvernance intégrée pour des finances publiques plus robustes

Dans un contexte où chaque franc collecté compte, l’intégration des actions entre fiscalité et douanes apparaît comme une solution éprouvée pour maximiser l’efficacité des administrations. Le partage des données, la coordination des contrôles et l’harmonisation des procédures permettent non seulement d’accroître les recettes, mais aussi de réduire les failles exploitées par les fraudeurs.

Lors de cette réunion stratégique, les deux responsables ont identifié plusieurs axes prioritaires : l’échange systématique d’informations entre les deux administrations, la conduite conjointe d’opérations de contrôle, la mutualisation des moyens logistiques et humains, ainsi que l’élaboration de plans communs pour traquer les fraudes fiscales, les infractions douanières et les trafics illicites.

Cette approche s’aligne parfaitement avec les directives présidentielles, prônant une administration publique plus agile, performante et orientée vers des résultats concrets. Elle répond à un impératif : sécuriser les recettes de l’État pour garantir le financement durable du développement national.

Un cadre juridique pour pérenniser la coopération

Cette dynamique n’est pas laissée au hasard. Elle s’appuie désormais sur un socle légal solide, matérialisé par l’arrêté n°073/MEFDPLVC du 10 avril 2026, qui officialise la création de la Commission mixte Impôts-Douanes. Ce dispositif encadre les échanges entre les deux administrations et prévoit notamment des contrôles conjoints, conformément aux normes du Code des douanes de la CEMAC. Son objectif ? Fluidifier la circulation de l’information et renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques.

Cette évolution s’inscrit dans la lignée des réformes menées par d’autres nations africaines, comme le Rwanda, le Maroc ou la Côte d’Ivoire, où la synergie entre fiscalité et douanes a permis d’améliorer significativement les performances budgétaires tout en limitant les pratiques d’évasion fiscale et les circuits informels.

Les prochaines étapes consisteront à concrétiser cette coopération par la mise en place effective de la commission conjointe, chargée de piloter cette nouvelle gouvernance, de suivre l’application des décisions prises et de coordonner les futures actions communes.

Une réforme aux répercussions multiples

Cette initiative marque un tournant dans la manière dont le Gabon conçoit la gestion de ses ressources. Historiquement perçues comme des entités aux missions distinctes, les Douanes et les Impôts adoptent désormais une vision unifiée. Leur collaboration est stratégique, car elles représentent ensemble la principale source de recettes de l’État. En unissant leurs efforts, elles permettent d’élargir les marges budgétaires sans alourdir la pression fiscale sur les contribuables respectueux de leurs obligations.

La cible principale reste la fraude, les déclarations frauduleuses, les circuits commerciaux opaques et les pratiques qui privent l’État de ressources indispensables à son développement. Cette alliance institutionnelle envoie un message clair aux partenaires internationaux, aux investisseurs et aux institutions financières : le Gabon s’engage résolument dans la modernisation de ses mécanismes de gouvernance économique.

Au-delà de l’organisation interne, cette réforme s’inscrit dans une ambition plus large. Celle d’un État capable de sécuriser ses ressources, de financer ses priorités grâce à ses propres moyens et de construire une administration plus performante, transparente et tournée vers l’efficacité. L’alliance entre les Douanes et les Impôts ne se limite donc pas à un rapprochement administratif : elle constitue l’un des piliers de la nouvelle architecture financière que le Gabon ambitionne de consolider.