La Centrafrique face à un dilemme explosif : Wagner ou Africa Corps pour sa sécurité ?
En Centrafrique, une question cruciale se pose : faut-il privilégier l’engagement des mercenaires russes de Wagner ou celui des combattants de l’Africa Corps pour assurer la stabilité du pays ? Le président Touadéra semble pencher pour Wagner, tandis que Moscou impose progressivement l’Africa Corps. Pourtant, les civils centrafricains pourraient bien subir le même sort que les populations maliennes si le changement de groupe s’opère.
Des méthodes de rémunération radicalement différentes, mais des conséquences similaires
Avec Wagner, la rémunération des mercenaires repose sur le pillage massif des ressources naturelles du pays hôte. En revanche, l’Africa Corps, contrôlé directement par le ministère russe de la Défense, exige une contribution mensuelle de 10 milliards de francs CFA. Malgré cette différence de financement, les populations locales subissent, dans les deux cas, le même niveau de violences, de crimes et de massacres.
Les témoignages recueillis auprès de réfugiés maliens fuyant les paramilitaires russes confirment cette réalité terrifiante. « Les mêmes hommes, payés différemment, continuent de semer la terreur », déclare un chef de village ayant fui vers la Mauritanie.
L’Africa Corps : une nouvelle ère de répression encore plus opaque
Contrairement à Wagner, l’Africa Corps dépend directement du pouvoir russe, ce qui signifie que toute exaction commise engage la responsabilité de l’État russe. Pourtant, son opacité reste totale : ses effectifs, estimés à environ 2 000 hommes au Mali, incluent des combattants originaires de plusieurs pays, dont des États africains. Les analystes soulignent également la présence d’hommes noirs parlant des langues étrangères, suggérant un recrutement local controversé.
Les récits des victimes sont glaçants. Fatma, une réfugiée malienne, raconte la mort de sa fille de 18 ans et de son fils, tués lors d’une rafle : « Je ne suis plus qu’une ombre qui marche ». Mougaloa, une éleveuse peule, a vu son fils égorgé sous ses yeux et cherche toujours sa fille disparue. Les violences ciblent indistinctement les civils, sans distinction d’âge ou d’ethnie.
Une politique de « terre brûlée » qui ne laisse aucun répit
Les réfugiés décrivent une stratégie de terreur sans précédent. Les villages sont incendiés, les corps mutilés (foie et reins prélevés), et les survivants vivent dans la peur permanente. « Si tu ne dénonces pas les djihadistes, l’armée te tue. Si tu dénonces, les djihadistes te tuent », explique un témoin. Les soldats de l’Africa Corps n’hésitent pas à exécuter sans sommation, sans interrogatoire, transformant chaque individu en cible potentielle.
Les chiffres officiels font état de 447 morts civils attribués aux Russes en 2025, contre 911 l’année précédente. Cependant, ces données minimisent probablement la réalité, car la peur des représailles pousse de nombreuses victimes au silence. « Les viols, les meurtres et les séparations de familles sont une réalité quotidienne », confirme Sukru Cansizoglu, représentant de l’ONU pour les réfugiés.
Que réserve l’avenir à la Centrafrique ?
Alors que le président Touadéra maintient son soutien à Wagner, Moscou avance ses pions en imposant l’Africa Corps. Pour les civils centrafricains, le choix semble se résumer à une équation macabre : même violence, mêmes crimes, mêmes souffrances. La seule différence réside dans la structure de commandement, mais la population locale en paiera le prix, quel que soit le groupe au pouvoir.
Dans ce contexte, une question persiste : la Centrafrique est-elle condamnée à subir indéfiniment ces mercenaires, qu’ils s’appellent Wagner ou Africa Corps ?