30 juillet 2026
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PolitiqueRépublique démocratique du Congo

manifestations en RDC : l’opposition s’oppose à la validation constitutionnelle

La Cour constitutionnelle valide la loi sur l’organisation du référendum, relançant le débat sur une possible modification de la Constitution.

Manifestations à Kinshasa contre les changements constitutionnels en RDC

La décision de la Cour constitutionnelle, qui a validé la loi encadrant l’organisation d’un référendum en RDC, ravive les tensions politiques. Le camp présidentiel y voit une avancée juridique, tandis que l’opposition dénonce une manœuvre constitutionnelle et promet de maintenir la pression.

Pour la coalition Article 64, cette validation ouvre la voie à une révision de la Constitution, une perspective qu’elle rejette catégoriquement. « Nous ne baisserons pas les bras », déclare Prince Epenge, porte-parole du mouvement. « Nous mobiliserons toutes nos forces pour empêcher cette loi d’entrer en vigueur dans notre pays », insiste-t-il.

« Le peuple est en colère et doit rester debout, mobilisé et déterminé à dire non au troisième mandat et à la fragmentation du pays », ajoute-t-il.

À Kinshasa, l’inquiétude grandit

Alors que la coalition Article 64 se réunissait ce mercredi soir pour ajuster sa stratégie, des habitants de Kinshasa expriment leurs craintes. Beaucoup redoutent que de futures manifestations ne dégénèrent et n’entraînent des violences.

« Ces revendications resteront-elles pacifiques ? », s’interroge un resident de la capitale congolaise. Il insiste sur l’importance d’éviter « des pertes humaines ».

Un autre habitant craint « que la situation politique ne s’envenime après cette décision ». Les craintes portent notamment sur une possible escalade de la violence.

« Celui qui attise actuellement les tensions, c’est le pouvoir en place », estime un autre citoyen. « Il n’hésite pas à manipuler des groupes pour perturber les rassemblements de l’opposition », dénonce-t-il.

Un dernier témoin interrogé met en garde : « Ce sont les citoyens ordinaires qui paieront le prix fort en cas de manifestations ».

Dialogue politique en péril

Selon Timo Roujean, analyste à la Fondation Konrad Adenauer, la promulgation rapide de cette loi pourrait aggraver le climat politique. Si le président Félix Tshisekedi signe le texte avant le 15 août, cela compromettrait définitivement les efforts de dialogue et renforcerait les discours prônant la confrontation.

« Une promulgation avant cette date enterrerait toute tentative de dialogue », alerte l’expert. Il rappelle que « dans un contexte déjà tendu, où des voix évoquent un coup d’État constitutionnel, cette décision de la Cour risque d’alimenter les arguments de ceux qui prônent la violence comme seule réponse au gouvernement ».

La décision de la Cour constitutionnelle ne clôt pas le débat. Entre le camp présidentiel, qui dispose désormais d’un cadre légal, et une opposition résolue à bloquer toute réforme constitutionnelle, les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir politique de la RDC.