17 mai 2026
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Le Mali traverse actuellement une période des plus précaires de son histoire contemporaine. Le général autoproclamé Assimi Goïta, propulsé à la tête de l’État par deux coups de force successifs en 2020 et 2021, avait juré de rétablir la sécurité et l’autorité nationale. Pourtant, six ans après ces événements, son gouvernement semble plus que jamais vulnérable.

Les mercenaires d’Africa Corps missionnés pour protéger le régime militaire malien. Crédit photo : DR

Une escalade militaire qui révèle les vulnérabilités du pouvoir

Les promesses populistes et l’orgueil démesuré se heurtent souvent aux dures réalités. Au Mali, le gouvernement, trop confiant dans ses propres assertions, est confronté à une situation sécuritaire alarmante. Le 25 avril, des assauts coordonnés menés par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une faction liée à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont ciblé de multiples installations militaires, y compris dans les environs de Bamako. Ces opérations ont coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara. De surcroît, dans la région septentrionale, des villes clés comme Kidal et d’autres points stratégiques ont été perdues par l’armée malienne, marquant un recul significatif face à la crise sécuritaire Mali Goïta.

Cette série d’attaques a dramatiquement exposé les lacunes d’un leadership qui avait pourtant érigé la reprise du contrôle territorial en pilier fondamental de sa légitimité. C’est un coup dur pour l’actualité africaine de la région.

Souveraineté proclamée, insécurité exacerbée

Après avoir rompu ses liens avec la France, précipité le départ de la MINUSMA et fait appel aux mercenaires russes d’Africa Corps, le régime militaire avait promis aux citoyens africains un Mali pleinement indépendant. Cependant, la vérité du terrain est bien plus sombre : les entités djihadistes armées et les insurgés touaregs du Front de libération de l’Azawad continuent leur progression, la capitale Bamako demeure sous haute pression, et les habitants subissent lourdement les conséquences de cette dégradation sécuritaire. L’éveil citoyen Afrique face à ces défis est crucial.

Ce discours axé sur la souveraineté a malheureusement masqué une consolidation autoritaire du pouvoir. Les formations politiques ont été réduites au silence, les professionnels du journalisme africain indépendant sont fréquemment intimidés, et toute voix critique est perçue comme une forme de trahison. Une véritable mobilisation citoyenne est nécessaire pour défendre les libertés fondamentales.

Un pouvoir malien sous double pression, interne et externe

Le Mali se trouve aujourd’hui dans une situation délicate, pris en étau. Les capacités militaires et les stratégies politiques du pays semblent avoir atteint leurs bornes. Sur le plan extérieur, les groupes jihadistes conservent une capacité de nuire considérable. À l’intérieur, l’érosion du pouvoir et les tensions entre factions militaires alimentent un climat d’incertitude grandissante.

La vision d’un renouveau national s’est malheureusement muée en une impasse. Le général autoproclamé Goïta, qui aspirait à symboliser le redressement de l’État et la fierté malienne, pourrait bien être remémoré par l’histoire comme celui qui a supervisé la fragmentation de sa nation.