29 juin 2026
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Mali: des milliers de Dogons de retour à Bankass après un accord avec le Jnim

Mali | Vu sur le village de Teli et la plaine de Bankass depuis la falaise de Bandiagara au Pays Dogo (archive de 2010)

Au Mali, des milliers de personnes déplacées regagnent leurs villages dans le cercle de Bankass, au centre du pays. Ce mouvement de retour est rendu possible par des accords locaux entre les communautés villageoises et le Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), une branche d’Al-Qaïda.

Les habitants retrouvent leurs maisons et leurs champs, mais doivent accepter des conditions imposées par les groupes djihadistes : port du voile obligatoire pour les femmes, interdiction de l’enseignement occidental dans les écoles, et code vestimentaire strict pour les hommes.

Fermeture d’écoles et port du voile imposés

Ces obligations concernent également les rituels de prière. Les hommes doivent porter des pantalons courts, les écoles républicaines sont fermées, et les femmes sont tenues de se voiler. En contrepartie, les villageois — majoritairement peuls et dogons — peuvent désormais cultiver leurs terres et mener leurs activités pastorales, alors que la saison des pluies a commencé en juin.

Qui finance le JNIM et le FLA qui ont attaqué le Mali ?

« Nous sommes revenus sans nos épouses »

Un éducateur du village de Bare Darsalam, dans le cercle de Bankass, témoigne sous couvert d’anonymat. Après sept ans d’absence à cause du conflit, il est rentré seul, sans sa femme ni ses enfants. Il s’exprime sur l’école publique et les règles vestimentaires imposées par le Jnim :

« Notre école a été détruite par les groupes armés terroristes en 2019, lors de notre déplacement. Tout a été saccagé. Même si on nous demandait de la reconstruire, nous refuserions. Nous avons repris nos activités après les garanties du maire de Bankass. Nous ne portons pas encore de pantalons courts. Nous ne sommes pas revenus avec nos épouses, donc nous ne savons pas encore si le port du voile sera imposé. »

La reprise des cultures

Allaye Guindo, maire de la commune urbaine de Bankass, se félicite de l’impact des accords. Selon lui, le retour massif des déplacés est une réalité.

« Grâce aux accords signés, les populations reviennent dans toutes les localités abandonnées. Treize villages accueillent leurs ressortissants, dont deux villages de Kani Bozon et un de la commune rurale de Dimbal. Les autres sont dans la commune de Bankass. Il pleut et beaucoup de revenants ont commencé à cultiver leurs champs en toute sécurité. Tout le monde est satisfait. »

Les accords locaux précisent que les autorités coutumières et les notables doivent se conformer aux règles des groupes armés terroristes, qui imposent l’application de la charia comme base de la collaboration avec les villageois.