30 mai 2026
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Face à la plainte déposée par les magistrats tchadiens contre le ministre de la Sécurité publique pour des propos jugés offensants envers leur corps de métier, le président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno, a pris position en sa faveur.

Une défense des principes démocratiques

Dans un discours ferme, le chef de l’État a rappelé que la liberté d’expression constitue un pilier essentiel de la démocratie, qu’elle s’exerce aussi bien pour les simples citoyens que pour les responsables publics, à condition de respecter le cadre légal en vigueur. Il a souligné un paradoxe préoccupant : lorsque des magistrats, garants de la justice, refusent toute critique, cela peut ébranler les fondements mêmes de notre pacte social.

C’est dans cette optique que Mahamat Idriss Deby Itno a décidé de ne plus présider le Conseil supérieur de la magistrature. Une décision symbolique qui reflète son engagement en faveur d’un équilibre institutionnel.

Une clarification nécessaire

Le président a tenu à préciser un point crucial : le ministre de la Sécurité publique n’a jamais remis en cause l’institution judiciaire dans son ensemble, ni l’ensemble des magistrats. Son intervention visait des comportements spécifiques, notamment des décisions de justice qu’il jugeait encourageantes pour le mensonge.

Dans une séquence vidéo devenue virale, le ministre avait en effet dénoncé certaines ordonnances, les qualifiant de « fausses » et annonçant vouloir les « déchirer ». Ces propos, perçus comme une attaque frontale, ont déclenché la réaction des magistrats.

L’équilibre entre syndicalisme et éthique

Le chef de l’État a reconnu le rôle central du syndicalisme dans une démocratie, mais a mis en garde : défendre un individu ou une catégorie professionnelle ne doit pas conduire à tolérer des agissements contraires à la justice et à l’éthique.