15 juillet 2026
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Le retour, bien que bref, de Macky Sall à Dakar marque un moment politique sans précédent depuis la transition d’avril 2024. L’ancien chef d’État sénégalais a lui-même confirmé, via ses plateformes numériques, sa venue dans la capitale ce vendredi 17 juillet pour s’entretenir avec le président Bassirou Diomaye Faye. Ce déplacement, annoncé comme court, revêt une portée politique bien au-delà d’une simple courtoisie.

Au centre des discussions attendues se trouve la perspective de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’ex-président, qui a maintenu une discrétion relative depuis la fin de son mandat, cherche à obtenir l’appui institutionnel de Dakar, un soutien jugé indispensable pour toute démarche sérieuse vers le Palais de verre.

La candidature onusienne : un impératif de soutien étatique

Le chemin vers le poste de secrétaire général des Nations unies est régi par des normes diplomatiques rigoureuses. Un postulant ne peut avancer sans l’approbation de son État d’origine, une condition préalable même aux tractations au sein du Conseil de sécurité. Pour Macky Sall, l’obtention d’un signal favorable de Bassirou Diomaye Faye constitue donc la première étape d’un parcours qui, s’il se concrétise, s’étendra sur plusieurs mois de négociations intenses à New York.

Le facteur temps est également crucial. Le mandat de l’actuel secrétaire général, António Guterres, prendra fin en 2026. La règle informelle de rotation géographique pourrait cette fois-ci avantager un candidat africain, le continent n’ayant pas occupé cette fonction depuis Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan. Le Sénégal dispose ainsi d’une opportunité historique, à condition que les autorités actuelles acceptent de soutenir la candidature d’un prédécesseur politiquement divergent.

Une entrevue aux multiples implications politiques

La dynamique entre Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye demeure influencée par le contexte de l’alternance. L’actuel président, dont l’ascension au pouvoir a eu lieu en partie depuis sa détention, incarne une rupture claire avec l’héritage de son prédécesseur. Depuis son investiture, plusieurs audits de gestion et procédures judiciaires ciblant d’anciens hauts fonctionnaires du régime Sall ont créé un climat de tension persistante entre les deux sphères.

Dans ce contexte, l’entretien du 17 juillet transcende la seule question onusienne. Il abordera, en filigrane, le rôle de l’ancien président dans le paysage politique national, les garanties potentielles concernant son entourage, et le positionnement diplomatique du Sénégal à l’approche d’échéances multilatérales majeures. La brièveté annoncée du séjour suggère que les deux dirigeants visent avant tout à circonscrire un dossier précis, sans s’engager dans un dialogue politique plus étendu.

Un enjeu diplomatique majeur pour le Sénégal

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette démarche représente un arbitrage délicat. Appuyer la candidature de Sall conférerait à son prédécesseur une stature diplomatique accrue, tout en offrant au Sénégal une carte maîtresse sur la scène internationale. À l’inverse, un refus ou une temporisation compromettrait significativement la démarche de l’ancien président et exposerait Dakar à des critiques, tant de la part de ses partenaires africains que de certains segments de l’opinion sénégalaise soucieux du rayonnement du pays.

Le Sénégal met également en jeu une part de sa crédibilité auprès de l’Union africaine, dont le soutien collectif à un candidat unique est déterminant pour influencer le Conseil de sécurité. Aucune déclaration officielle n’a été émise par la présidence sénégalaise concernant la démarche de Macky Sall, l’exécutif privilégiant visiblement une communication prudente avant l’entrevue.

Quoi qu’il en soit, ce rendez-vous du 17 juillet constituera la première interaction publique entre les deux hommes depuis la transition d’avril 2024. Il pourrait potentiellement initier une phase de normalisation politique, essentielle pour le pays alors que les réformes économiques et institutionnelles portées par le tandem Faye-Sonko nécessitent un environnement apaisé.