3 juin 2026
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Un partenariat stratégique pour le développement industriel gabonais

Le 20 mai 2026, le Palais Rénovation de Libreville a été le théâtre d’une signature historique. Le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, et le dirigeant du groupe Ciments de l’Afrique (CIMAF), Anas Sefrioui, ont acté un plan d’investissement de 40 millions d’euros. Ce financement massif vise la modernisation des installations d’Owendo et l’installation d’une troisième ligne de production.

Cette extension répond à une nécessité urgente : satisfaire les besoins croissants du marché local. Le Gabon est actuellement engagé dans de vastes chantiers d’infrastructure qui requièrent une production accrue de matériaux de construction de qualité pour soutenir l’essor du pays.

Une souveraineté économique renforcée

Ce nouvel accord modifie également la structure capitalistique de la filiale gabonaise de CIMAF. L’État gabonais a décidé de porter sa participation à 20 %, après une première montée au capital de 10 % réalisée en décembre 2025. Cette stratégie permet aux autorités de Libreville d’exercer un droit de regard direct sur cette activité industrielle névralgique.

Cette approche s’inscrit dans la vision économique adoptée depuis août 2023, privilégiant la transformation des investissements internationaux en véritables copropriétés nationales. Pour le Gabon, il s’agit de s’éloigner progressivement de la dépendance à la rente pétrolière en favorisant une diversification industrielle solide, portée par des citoyens africains engagés dans la transformation de leur économie.

CIMAF mise sur le potentiel de l’Afrique

Pour le groupe marocain, cet engagement au Gabon confirme un virage stratégique global. CIMAF se retire progressivement du marché européen, marqué par une forte maturité et des contraintes croissantes, pour se recentrer sur le continent africain. Cette décision est illustrée par la cession de sa dernière unité de production en France.

Le cimentier choisit de diriger ses capitaux vers l’Afrique centrale, où l’urbanisation galopante et les besoins en infrastructures de base, tels que les routes, les ponts et les logements, offrent des perspectives de croissance exceptionnelles. Cette alliance entre capitaux marocains et encadrement public gabonais témoigne d’un éveil citoyen Afrique vers une autonomie de construction renforcée, préfigurant un nouveau modèle de coopération régionale au sein de l’actualité africaine industrielle.