15 septembre 2026
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Le général Yacouba Isaac Zida, ancien chef de la transition burkinabè radié de l’armée pour désertion et aujourd’hui en exil, a récemment brisé le silence avec une formule qui résonne comme un réquisitoire : « la véritable souveraineté ne consiste pas à choisir de qui dépendre, mais à se donner les moyens de ne dépendre de personne ». Une phrase qui vise directement l’imposture politique attribuée au capitaine Ibrahim Traoré et à son alliance au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

À travers cette sortie, Zida incarne lui-même les paradoxes d’une classe militaire burkinabè qui semble prisonnière d’un cycle d’instabilité et de promesses non tenues. Son parcours, marqué par une radiation pour désertion, illustre les dérives d’un milieu où les ambitions personnelles se heurtent aux réalités du pouvoir.

Une quadruple dépendance qui contredit la rhétorique anti-impérialiste

L’empressement du régime de Ouagadougou à se tourner vers Moscou, sous couvert de « rupture anti-impérialiste », s’apparente à une renégociation grossière des termes de la soumission. Derrière les slogans populistes, le gouvernement de transition masque mal son incapacité chronique à bâtir une autonomie réelle, maintenant le pays sous une quadruple dépendance extérieure.

Le mythe de l’autonomie militaire

La prétention de créer un outil de défense national s’effondre face au recours systématique à des instructeurs et paramilitaires étrangers. L’approvisionnement en vecteurs aériens, munitions et blindés légers, souvent présentés à tort comme « fabriqués localement » alors qu’ils ne sont qu’assemblés sur place, confirme une subordination totale aux chaînes logistiques extérieures.

La dépendance alimentaire, une humiliation révélatrice

La rhétorique d’auto-prise en charge se heurte brutalement à la réalité des faits. La mise en scène médiatique entourant la réception de dons de blé russe ou les appels répétés à l’aide humanitaire internationale pour nourrir les populations déplacées démontrent que le régime ne parvient même pas à assurer la subsistance de base de ses citoyens.

La vulnérabilité financière et budgétaire

Incapable de financer son propre budget de crise par des ressources internes assainies, le pouvoir militaire s’en remet à des expédients financiers et à des prêts d’urgence contractés auprès de nouveaux parrains géopolitiques, compromettant l’avenir économique des générations futures.

L’impasse technologique et stratégique

Qu’il s’agisse de la fourniture d’intrants agricoles ou d’équipements énergétiques, l’absence d’un tissu industriel autonome condamne le pays à quémander hors de ses frontières ce qu’il est incapable de produire.

L’AES : un slogan supranational pour masquer la faillite interne

La précipitation à créer une armée confédérale et des structures supranationales au sein de l’AES constitue une fuite en avant propagandiste. Deux dynamiques principales se dégagent.

  • La démission face aux urgences intérieures : prétendre fusionner des souverainetés régionales alors que le territoire national reste largement hors de contrôle de l’État relève de l’aveuglement stratégique. La priorité absolue devrait être la sécurisation des populations et la consolidation des institutions de base, et non l’empilement de coquilles vides.
  • La mise en scène de la légitimité : la multiplication des sommets et des déclarations enflammées sert avant tout de bouclier politique pour pérenniser des régimes d’exception non élus, au détriment d’une planification rigoureuse et réaliste.

Une souveraineté authentique ne s’exhibe pas dans des parades militaires ni dans la dépendance aux distributions de céréales étrangères. En substituant le patronage de Moscou à celui de Paris, le capitaine Traoré n’a pas affranchi le Burkina Faso : il en a simplement changé le tuteur.