17 juin 2026
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Au cœur vibrant de l’économie informelle de Libreville, le marché de Mont-Bouët est malheureusement le théâtre d’un fléau qui pèse lourdement sur le quotidien de centaines de commerçants. Dans le plus vaste marché du Gabon, la problématique du racket organisé refait surface avec une acuité particulière, s’imposant comme un enjeu majeur pour le maire de la capitale, Eugène Mba.

Derrière l’effervescence habituelle des étals et l’animation des vendeurs, une réalité bien plus sombre se cache. Lors d’une rencontre initiée par le Syndicat des débrouillards du Gabon (SDG) et l’ONG Solidarité pour le développement du Gabon (ONG-SDG), de nombreux commerçants ont courageusement dénoncé ce qu’ils décrivent comme un véritable « racket organisé », impliquant directement certains agents municipaux et des membres des forces de l’ordre.

Les témoignages recueillis révèlent que les sommes exigées excèdent largement les taxes réglementaires. Un vendeur s’indigne : « Des agents de la mairie prélèvent 2 000 FCFA par étal au lieu des 500 FCFA normalement prévus. » Plus préoccupant encore, les reçus ou tickets justificatifs sont rarement délivrés, masquant une fraude de grande ampleur qui étrangle les petits budgets des opérateurs économiques locaux.

Un phénomène persistant et difficile à maîtriser

Ce phénomène n’est malheureusement pas nouveau. Il a traversé les différentes mandatures municipales sans jamais disparaître, soutenu par des réseaux d’influence bien établis et un manque criant de traçabilité des paiements en espèces. Pour beaucoup, le racket est devenu un mal chronique qui érode des bénéfices déjà fragilisés par la diminution générale du pouvoir d’achat des consommateurs.

Face à l’insuffisance des mécanismes de contrôle au sein de l’Hôtel de Ville, la mission s’annonce complexe pour la nouvelle équipe municipale dirigée par Eugène Mba, qui doit faire face à cette pratique tenace.

La numérisation : une voie vers la transparence ?

Devant ce que certains considèrent comme une « mission impossible », des pistes de solutions concrètes émergent pour assainir la gestion des marchés de Libreville. Pour de nombreux observateurs économiques, la réponse réside principalement dans une transparence accrue et la digitalisation des paiements. Éliminer la manipulation d’argent liquide par des intermédiaires en privilégiant les transactions numériques directes vers les caisses de la municipalité permettrait de couper court aux agissements des agents véreux.

Pour Eugène Mba, l’enjeu dépasse la simple gestion urbaine : il s’agit de restaurer la confiance essentielle entre l’administration municipale et les opérateurs économiques locaux, piliers incontournables de l’économie de subsistance de la capitale gabonaise.