4 juin 2026
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Lomé est le théâtre, depuis le mardi 3 juin 2026, d’un dialogue régional de grande envergure. Cette rencontre cruciale vise à renforcer l’agenda de prévention dans le Golfe de Guinée, rassemblant des officiels gouvernementaux, des institutions régionales, des agences des Nations Unies, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des acteurs communautaires engagés pour la paix et la prévention des conflits. C’est une véritable mobilisation citoyenne et institutionnelle pour l’avenir de la région.

Lors de l’ouverture des travaux, le ministre de la Sécurité, Calixte Madjoulba, a délivré un message percutant. Face à l’escalade des menaces qui pèsent sur l’Afrique de l’Ouest, il a souligné qu’une réponse concertée, pérenne et axée sur la prévention est l’unique voie pour garantir la stabilité sous-régionale.

Le golfe de Guinée face à des menaces complexes

Le ministre a dressé un tableau lucide de la situation. Le Golfe de Guinée est confronté à une conjonction de défis sécuritaires et socio-économiques d’une complexité croissante.

L’extrémisme violent, le terrorisme, la criminalité transnationale organisée, les trafics illicites et la prolifération des armes légères sont autant de fléaux. À cela s’ajoutent les tensions communautaires et les impacts dévastateurs du changement climatique, qui sapent progressivement les équilibres sociaux et économiques de la région. L’actualité africaine met régulièrement en lumière ces enjeux.

Les répercussions de la crise sahélienne aggravent la situation, notamment par les déplacements massifs de populations et la pression accrue sur les communautés d’accueil et les ressources locales.

« Aucun État ne peut, seul, apporter une réponse pleinement efficace », a martelé Calixte Madjoulba, insistant sur la nature transfrontalière et multidimensionnelle des défis actuels.

Le Togo, fer de lance d’une sécurité globale

Le ministre a clairement affirmé que la lutte contre l’insécurité ne saurait se cantonner à des mesures purement militaires ou policières.

« La sécurité durable ne peut reposer sur la seule réponse sécuritaire », a-t-il déclaré devant les participants, réitérant la position du Togo.

Cette conviction est au cœur de la politique publique togolaise, impulsée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. L’approche nationale repose sur un principe fondamental : renforcer simultanément la sécurité, le développement et la cohésion sociale pour s’attaquer aux racines profondes des crises. Cet éveil citoyen Afrique est essentiel.

La réduction des inégalités, l’amélioration de la gouvernance, l’inclusion sociale, la création d’opportunités d’emploi pour la jeunesse et le renforcement de la résilience communautaire sont considérés comme des leviers indispensables pour prévenir les conflits sur le long terme.

« Protéger, rassembler, transformer » : la vision togolaise

Au centre de cette stratégie se trouve le triptyque « Protéger, Rassembler, Transformer », que le ministre a présenté comme la feuille de route de l’action gouvernementale.

  • Protéger, signifie assurer la sécurité des populations et préserver la paix.
  • Rassembler, c’est encourager le dialogue, consolider la confiance entre les citoyens africains et les institutions, et renforcer la cohésion sociale.
  • Transformer, implique d’agir durablement sur les vulnérabilités en développant les perspectives économiques, en comblant les disparités et en bâtissant des communautés plus résilientes.

Pour Calixte Madjoulba, ce modèle s’aligne parfaitement avec les objectifs du dialogue régional organisé à Lomé.

De l’engagement à des résultats concrets

Le thème de cette rencontre, « De l’engagement à l’impact », illustre la volonté des participants de traduire les ambitions politiques en actions tangibles et mesurables.

Le ministre a lancé un appel aux États et à leurs partenaires pour qu’ils aillent au-delà des déclarations d’intention et produisent des résultats concrets et visibles au bénéfice direct des populations.

« Nos populations attendent des réponses efficaces et adaptées à leurs réalités quotidiennes », a-t-il insisté. Les attentes des populations se tournent vers des mécanismes capables d’anticiper les crises, de prévenir les conflits avant leur enracinement et de renforcer durablement la résilience des territoires.

Les Nations Unies, un partenaire clé pour le golfe de Guinée

Le représentant togolais a également salué l’engagement des agences des Nations Unies, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

À travers la Facilité conjointe de prévention 2026-2029 pour le Golfe de Guinée, ces partenaires soutiennent une vision axée sur la prévention, la résilience communautaire et un développement économique inclusif. Pour les participants, cette initiative représente une occasion unique de renforcer la coopération régionale, de partager les meilleures pratiques et de mobiliser les ressources nécessaires face aux défis émergents.

Vers une feuille de route régionale pour la paix et la résilience

Au terme des deux jours de discussions, les acteurs réunis à Lomé sont appelés à élaborer une feuille de route régionale ambitieuse. Celle-ci aura pour but de consolider les mécanismes de prévention, de renforcer la coopération transfrontalière, de mobiliser des financements pérennes et d’améliorer le suivi des actions entreprises.

À travers ce dialogue, le Togo réaffirme sa conviction profonde que la prévention constitue l’investissement le plus stratégique pour garantir la paix, la sécurité et le développement durable dans le Golfe de Guinée.

Dans une région confrontée à des défis multidimensionnels, le message émanant de Lomé est limpide : anticiper les crises est plus économique et efficace que de les gérer, et la prévention demeure la meilleure garantie d’un avenir stable et prospère pour les habitants.