3 juin 2026
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La Confédération africaine de football (CAF) a suscité l’incompréhension générale en retirant le titre de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 au Sénégal, pourtant vainqueur de la finale face au Maroc, pour l’attribuer à l’équipe marocaine. Cette décision, intervenue deux mois après le sacre des Lions de la Teranga, a provoqué une vague d’indignation tant en Afrique qu’en Europe.

Le gouvernement sénégalais a réagi avec fermeté en exigeant une enquête internationale pour faire la lumière sur d’éventuels « soupçons de corruption » au sein des instances dirigeantes de la CAF. « Le Sénégal rejette sans réserve cette décision arbitraire et injustifiée », a déclaré Marie Rose Khady Fatou Faye, porte-parole de l’exécutif sénégalais.

une finale sous haute tension et des règles contestées

La polémique trouve son origine dans la finale du 18 janvier 2025 au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Le match, initialement remporté 1-0 par le Sénégal après prolongation grâce à un but de Pape Gueye, a été marqué par des tensions extrêmes. Les joueurs sénégalais, mécontents d’une décision arbitrale controversée ayant accordé un penalty au Maroc en fin de match, avaient quitté la pelouse avant de revenir après 15 minutes d’interruption.

La CAF a justifié sa décision en invoquant les articles 82 et 84 du règlement de la CAN. Selon ces dispositions, une équipe quittant le terrain sans l’autorisation de l’arbitre est considérée comme perdante. Pourtant, cette interprétation a été largement remise en cause, notamment en raison de la jurisprudence Wydad Casablanca de 2019, où une situation similaire avait abouti à une décision différente.

le Maroc se dit satisfait de l’application du règlement

La Fédération marocaine de football a salué « une décision juste et conforme au règlement », affirmant que sa démarche visait uniquement à faire respecter les règles de la compétition. Une source proche de la Fédération a rappelé qu’en 2019, l’Espérance de Tunis avait été déclarée vainqueur après le départ des joueurs du Wydad Casablanca en finale de la Ligue des champions de la CAF.

De son côté, le secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Sow, a assuré que le trophée ne serait pas remis au Maroc. « Le combat est loin d’être terminé. Le Sénégal a la victoire et la justice avec lui », a-t-il déclaré, confirmant que la FSF engagerait une procédure d’appel devant le Tribunal arbitral du sport à Lausanne dans les meilleurs délais.

réactions et perspectives

Cette affaire a relancé les débats sur la transparence et l’intégrité des instances sportives africaines. Après avoir infligé des sanctions disciplinaires aux deux fédérations pour comportements antisportifs, la CAF avait également condamné des supporters sénégalais à des peines de prison pour hooliganisme. Leur procès, initialement prévu fin janvier, a été reporté au 30 mars.

Les observateurs s’interrogent désormais sur les prochaines étapes de cette crise, alors que le Sénégal et ses supporters continuent de clamer leur victoire légitime.