3 juin 2026
f1982ed2-ecb1-45f3-89a9-7af683c9061f

Mali

Les forces conjointes anti-jihadistes, composées du Niger, du Burkina Faso et du Mali, ont mené des « campagnes aériennes intenses » sur le territoire malien. Cette intervention fait suite à de récentes attaques perpétrées par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et des séparatistes touaregs, comme l’a confirmé le gouvernement nigérien en fin de semaine dernière.

Ces derniers jours, le Mali a été le théâtre d’assauts d’une ampleur inédite depuis près de quinze ans. Des jihadistes et leurs alliés séparatistes touaregs ont notamment pris le contrôle de la ville stratégique de Kidal, dans le nord du pays, et ont tragiquement causé la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara.

Ces trois nations sahéliennes – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – constituent l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette alliance a établi une force conjointe dédiée à la lutte contre les groupes jihadistes, initialement forte de 5 000 hommes, et dont les effectifs ont été portés à 15 000 à la mi-avril.

Après une réunion de cabinet, les autorités nigériennes ont salué « la réaction prompte et vigoureuse des unités de la force unifiée, qui ont mené d’intenses campagnes aériennes dans les heures suivant les lâches attaques du 25 avril 2026 à Gao, Ménaka et Kidal », selon un communiqué diffusé jeudi soir.

Quelques heures après le début des hostilités, Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole des rebelles touaregs maliens du Front de libération de l’Azawad, avait enjoint le Burkina Faso et le Niger à « se tenir à l’écart des événements en cours au Mali ».

Les trois membres de l’AES sont actuellement dirigés par des juntes militaires, arrivées au pouvoir par des coups d’État entre 2020 et 2023.

Ces attaques ciblant la junte militaire malienne et ses partenaires paramilitaires russes ont plongé l’ancienne colonie française dans une crise sécuritaire majeure.

Lors des funérailles de Sadio Camara jeudi, le ministre burkinabé de la Défense, Celestin Simpore, s’exprimant au nom de l’AES, a juré de « pourchasser » les « assassins ».

Solidarité régionale

Le même jour, un millier de personnes se sont rassemblées dans la capitale nigérienne, Niamey, pour exprimer leur « solidarité avec le peuple malien », comme en témoignent des images diffusées en direct sur les réseaux sociaux.

Au Centre culturel Djado Sekou, la foule a scandé des slogans tels que « à bas les impérialistes », « à bas les terroristes et leurs sponsors » et « vive l’AES », tandis qu’une photographie de Sadio Camara était brandie.

Effred Mouloul, un représentant de la coalition des organisations de la société civile à l’origine de l’événement, a déclaré: « Au peuple malien, nous disons: ‘Vous n’êtes pas seuls, les forces vives du Niger et de l’AES sont à vos côtés et expriment leur pleine et entière solidarité.' »

Il a également reproché aux dirigeants africains un « manque total de solidarité visible face à l’assassinat ciblé » de leaders maliens, et a appelé au retrait de la présence française du territoire de l’AES.

Les autorités nigériennes ont accusé des puissances étrangères, notamment la France, de « parrainer les attaques » du week-end au Mali. Le Niger a maintes fois affirmé que la France cherchait à le déstabiliser, des allégations que Paris dément fermement.

Pour des raisons de sécurité, le gouvernement nigérien a annulé les défilés du 1er mai sur l’ensemble du territoire national.