Le premier ministre sénégalais dénonce la pression occidentale sur les lois locales

Le Premier ministre sénégalais dénonce la pression occidentale sur les lois locales

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko lors d’un discours à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, le 16 mai 2024

Début mars, le Sénégal a adopté une loi durcissant les sanctions contre les relations homosexuelles, portant les peines de cinq à dix ans de prison. Promulguée fin mars par le président Bassirou Diomaye Faye, cette mesure s’inscrit dans un contexte marqué par une montée des tensions et des arrestations liées à l’homosexualité présumée.

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Lors d’un discours devant les députés, le Premier ministre Ousmane Sonko a vivement critiqué les pressions extérieures exercées par certains pays occidentaux pour influencer les lois sénégalaises. « Il y a une sorte de tyrannie », a-t-il déclaré, dénonçant une « volonté d’imposer l’homosexualité au reste du monde » au nom d’une minorité influente. « Au nom de quoi ? », a-t-il interpellé, avant d’ajouter : « S’ils ont choisi ces pratiques, c’est leur affaire, mais nous n’avons aucune leçon à recevoir d’eux. »

Le chef du gouvernement a également réfuté l’idée d’un moratoire sur l’application de cette loi, répondant aux appels de certains collectifs. « Une partie de nos élites sont complexées », a-t-il lancé, réaffirmant que l’objectif principal du texte reste de « mettre fin à la prolifération du phénomène ». Il a insisté sur la nécessité d’une justice « totale, impersonnelle et parfaite » pour son exécution.

Ousmane Sonko a souligné que, contrairement aux critiques venues de l’Occident, aucun pays africain, asiatique ou arabe ne s’est opposé à cette législation. « Si la loi doit être renforcée, elle le sera », a-t-il conclu, balayant d’un revers de main les appels au report de son application.

Dans un pays où les relations entre personnes du même sexe sont considérées comme une déviance, cette loi a été une promesse électorale majeure du camp au pouvoir, répondant à une demande sociale forte.

Une loi controversée mais soutenue par le gouvernement

Le durcissement des peines pour l’homosexualité s’ajoute à une vague d’homophobie déjà bien ancrée au Sénégal. Cette mesure, saluée par une partie de la population, a suscité de vives réactions à l’international. Pourtant, le gouvernement sénégalais reste ferme : pas de compromis sur l’application de la loi, malgré les critiques venues de l’étranger.

Le Premier ministre a rappelé que la souveraineté du Sénégal ne saurait être négociée. « Nous ne recevrons de leçons de personne », a-t-il martelé, rappelant que chaque nation a le droit de légiférer selon ses valeurs et sa culture.

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