4 juin 2026
eed0dca9-faa6-4ee2-8dfb-f137b30d23ef

Pour endiguer la montée de l’insécurité, les autorités du Mali ont mis en place une suspension de la circulation des motocyclettes d’une cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³, applicable en dehors de la capitale, Bamako, et des autres grands pôles urbains nationaux. Cette décision d’envergure, qui inclut également le bannissement de leur importation et de leur vente sur le territoire, s’inscrit dans un contexte de détérioration rapide de la situation sécuritaire, caractérisée par une recrudescence d’attaques menées par des groupes jihadistes et le blocage stratégique de plusieurs voies d’accès vers la capitale.

Pour lutter contre l'insécurité, le Mali suspend l'usage des motos de 125 cm³ et plus hors des grandes agglomérations

Le gouvernement malien a officiellement interdit la circulation des motos de « 125 cm³ et plus » sur l’ensemble du territoire, à l’exception de la capitale et des chefs-lieux administratifs, selon un arrêté diffusé à la télévision nationale ce mercredi. Cette mesure intervient alors que le pays fait face à une insurrection jihadiste persistante.

Le deux-roues motorisé, en particulier les modèles de forte cylindrée, est fréquemment utilisé par les factions jihadistes pour leurs déplacements et leurs opérations. Le Mali traverse une période de crise sécuritaire sans précédent depuis plusieurs semaines, notamment avec l’instauration d’un blocus par ces mêmes groupes autour de Bamako. Un arrêté interministériel, diffusé mercredi soir sur les chaînes de télévision nationales, stipule clairement : « La circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm³ et plus, en dehors des grandes agglomérations, est suspendue sur l’ensemble du territoire national. »

Les grandes agglomérations épargnées par la restriction

Ce dispositif restrictif ne s’applique pas au district de Bamako, ni aux chefs-lieux de Région, de Cercle et d’Arrondissement, précise le même document officiel. Parallèlement, un second communiqué émanant des autorités a étendu ces mesures à l’importation, au transit, à la commercialisation, à la vente et même à la distribution gratuite de toutes les motocyclettes de 125 cm³ et au-delà, ainsi que de leurs accessoires. Cette prohibition est effective sur l’intégralité du territoire malien.

La nation malienne est confrontée à une conjoncture sécuritaire des plus délicates, exacerbée par une série d’attaques coordonnées de grande envergure qui ont frappé le pays les 25 et 26 avril. Ces offensives ont été orchestrées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une entité affiliée à Al-Qaïda, conjointement avec la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), majoritairement composée de Touaregs. De surcroît, depuis le 30 avril, ces groupes jihadistes maintiennent un blocus routier sur plusieurs itinéraires stratégiques menant à la capitale, Bamako, aggravant la pression sur les populations et les forces de sécurité dans cette actualité africaine tendue.