La République du Mali se trouve à un carrefour critique, où l’incertitude grandit face aux assauts répétés de factions armées. La question centrale demeure : comment briser ce cycle de violence et sauvegarder le tissu de la coexistence intercommunautaire, fragilisé par des années de troubles profonds ?
Depuis plusieurs années, le Mali est plongé dans une double crise, à la fois sécuritaire et politique, qui menace gravement son avenir.
Sur le plan sécuritaire, les attaques menées par des groupes armés, qu’ils soient djihadistes ou séparatistes, sont incessantes. La capitale, Bamako, a été elle-même la cible d’une offensive majeure le 25 avril 2026, un événement tragique qui a notamment emporté le ministre de la Défense, Sadio Camara.
Parallèlement, la sphère politique malienne est marquée par une profonde instabilité. Les activités des partis ont été suspendues, et le pouvoir est désormais fermement aux mains des militaires, qui dirigent le pays depuis les coups d’État successifs de 2020 et 2021.
Un tournant majeur est survenu en novembre 2023, lorsque les Forces Armées Maliennes (FAMA), appuyées par des paramilitaires russes du groupe Wagner, ont réussi à reprendre Kidal. Cette ville emblématique était sous le joug de groupes rebelles depuis 2012. Cette offensive a de facto sonné le glas de l’Accord d’Alger de 2015, un pacte de paix censé réconcilier le gouvernement malien avec les factions séparatistes du nord.
L’abandon formel de l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation a été officialisé par le gouvernement malien le 25 janvier 2024, marquant ainsi sa « fin avec effet immédiat ». Cette décision a ravivé les tensions, et le 25 avril 2026, une nouvelle vague d’attaques a déferlé sur plusieurs localités, y compris Bamako. Ces offensives, menées conjointement par les séparatistes du Front de Libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM), ont culminé avec la reconquête de Kidal par ces mêmes groupes.
Pour éclairer cette complexe dynamique, des analyses approfondies sont proposées par des experts reconnus tels qu’Étienne Fakaba Sissoko de la CFR, Gilles Yabi de WATHI, et le sociologue Mohamed Abdellahi Elkhalil.