23 juin 2026
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Le Gabon face à son défi commercial : moins de 9 % d’exportations vers l’Afrique

Avec un marché continental de plus d’1,4 milliard de consommateurs offert par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), le Gabon reste étrangement en retrait. Ses exportations vers les pays africains ne représentent qu’un modeste 8,9 % de ses ventes à l’international, selon les dernières données économiques disponibles. Un constat qui révèle une opportunité manquée pour Libreville, alors que le continent absorbe pourtant 28,3 % de ses importations.

Cette dépendance croissante aux approvisionnements extérieurs, couplée à une faible pénétration sur les marchés voisins, dessine un déséquilibre commercial difficile à ignorer. Le gouvernement gabonais, conscient du défi, mise désormais sur une stratégie ambitieuse pour inverser la tendance.

La ZLECAF, un tremplin pour diversifier l’économie gabonaise

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a récemment reçu Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAF, pour accélérer l’intégration économique du pays. L’objectif est clair : réduire la dépendance historique aux hydrocarbures en misant sur des secteurs clés comme l’agro-industrie, l’exploitation minière et les services.

Avec un commerce intra-africain estimé à 230 milliards de dollars cette année, la ZLECAF pourrait devenir le levier de cette transformation. Libreville compte sur cette dynamique pour conquérir de nouveaux débouchés et renforcer sa compétitivité régionale.

Nkok, l’atout industriel du Gabon pour séduire l’Afrique

La Zone économique spéciale (ZES) de Nkok s’impose comme un pilier de cette stratégie. Ce hub logistique, capable de produire des biens à haute valeur ajoutée, pourrait jouer un rôle central dans l’approvisionnement de la sous-région. Grâce à une position géographique avantageuse et à une économie numérique en plein essor, le Gabon dispose d’un potentiel inexploité pour dynamiser ses échanges.

Infrastructures et logistique : les freins à une intégration réussie

Malgré ces atouts, des obstacles majeurs subsistent. En Afrique centrale, les barrières douanières, les coûts de transport élevés et le manque d’infrastructures freinent la fluidité des échanges. Pourtant, la ZLECAF promet de porter la part du commerce intra-africain à plus de 50 % d’ici 2035. Pour y parvenir, le Gabon devra moderniser ses chaînes logistiques et transformer davantage ses matières premières localement.

La feuille de route est tracée : renforcer les infrastructures, stimuler l’industrie locale et faire de la ZLECAF le moteur d’une croissance plus résiliente et diversifiée.