9 juin 2026
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Cameroon Denounces Flag Usurpation by Ghost Fleet Tanker Tagor

Le pétrolier Tagor a été intercepté le 31 mai dernier à environ 400 milles nautiques (740 km) à l’ouest de la Bretagne, soupçonné d’arborer frauduleusement le pavillon camerounais. Le navire, parti de Mourmansk en Russie et qui se dirigeait vers Limbe au Cameroun, a fait l’objet d’une vérification de nationalité en mer conformément à l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Escorté par la marine française, il a été dérouté vers la France.

Yaoundé condamne l’utilisation frauduleuse de son pavillon

Dans une déclaration lue sur la radio publique, le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, a indiqué que le Tagor « ne figure dans aucun des registres officiels des navires autorisés à battre pavillon camerounais ». Il a condamné « avec rigueur l’utilisation frauduleuse et abusive des attributs de la nationalité camerounaise » et appelé « la communauté internationale à prendre des mesures drastiques contre de tels abus ». Yaoundé a également réaffirmé son engagement à poursuivre « le processus d’assainissement et de modernisation de son registre des pavillons ».

Cette déclaration officielle vise à dissocier le Cameroun de tout lien avec un navire appartenant à ce que les autorités maritimes appellent la « flotte fantôme » — des bateaux utilisés pour acheminer du pétrole sous sanctions sur les marchés internationaux. Cette affaire met en lumière la vulnérabilité des registres de pavillons nationaux face à des acteurs cherchant à contourner les mécanismes de contrôle.

Quatrième interception par la France depuis septembre 2025

Selon les autorités maritimes, l’interception du Tagor s’inscrit dans une série d’opérations françaises contre cette flotte opaque. Il s’agit de la quatrième intervention de ce type depuis septembre 2025. Après les inspections, l’affaire a été transmise au parquet de Brest, compétent en matière maritime.

Le navire est ancré depuis le 2 juin dans la baie de Douarnenez, dans le Finistère, dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours. La multiplication de ces interceptions en mer témoigne d’un renforcement des contrôles européens sur les filières d’exportation de pétrole contournant les régimes de sanctions internationales.