Brésil 3 – Haïti 0 Le Brésil envoûte Philadelphie sous les vivats
En 1994, la victoire du Brésil aux États-Unis avait été saluée… mais critiquée pour son manque d’éclat. Trente ans plus tard, la Seleção prouve que le résultat ne suffit plus : c’est désormais le joga bonito qui fait vibrer les cœurs, comme vendredi à Philadelphie face à Haïti.
Les supporters brésiliens ne se contentent plus de victoires : ils exigent du spectacle. Et le sélectionneur italien Carlo Ancelotti a répondu présent en alignant une attaque remaniée, avec Matheus Cunha en lieu et place d’Igor Thiago. L’effet a été immédiat : l’attaquant de Manchester United a ouvert le score avant la pause, profitant d’un dégagement raté de la défense haïtienne.
Cunha a doublé la mise d’une frappe croisée imparable, sur une nouvelle passe décisive de Vinícius Jr. La célébration en mode surfeur a marqué les esprits, confirmant l’audace offensive de cette équipe.
Le prodige de 24 ans a ensuite cédé la place à Vini Jr., qui a scellé le sort des Grenadiers d’un tir ajusté après une percée fulgurante dans la défense haïtienne, trop avancée.
Les Haïtiens, réduits à dix après un carton jaune précoce, ont tenté de s’organiser malgré la pression. Leur sélectionneur a modifié la disposition défensive, passant à un bloc plus compact. Mais face à la Seleção, les marges de manœuvre sont minces. Les Grenadiers ont limité la casse, mais le score reflétait l’écart de classe.
La deuxième période a vu le Brésil perdre en intensité, notamment en raison de l’absence de Raphinha, sorti sur blessure dès la 40e minute. L’ailier, décisif au FC Barcelone cette saison, aurait pu faire la différence. Sans lui, les Auriverdes ont peiné à concrétiser leurs occasions, malgré des erreurs défensives haïtiennes.
Neymar, toujours absent pour cause de blessure, n’a même pas rejoint le groupe en Pennsylvanie. Une absence qui interroge : Ancelotti aurait-il pu opter pour João Pedro, son remplaçant à Chelsea, plus tranchant dans la surface ?
Écarter le capitaine brésilien, même blessé, aurait risqué de déclencher une polémique nationale. Le sélectionneur étranger a donc joué la prudence, mais le débat sur l’avenir de la Seleção reste entier.
Haïti, première nation éliminée du Mondial, quitte la compétition sans gloire, mais avec les honneurs. Leur match contre l’Écosse a confirmé leur résilience, même s’ils s’inclinent 1-0 dans les arrêts de jeu. Une performance à souligner pour une équipe en reconstruction.
Les Grenadiers affronteront le Maroc mercredi, dans un duel symbolique pour leurs diasporas au Québec. Un match à suivre, malgré l’élimination. En 1974, Haïti avait subi trois défaites dont un lourd 7-0 face à la Pologne. Emmanuel Sanon avait marqué leurs deux buts. Retrouveront-ils un buteur d’ici la fin du tournoi ?
Pour le Brésil, cette victoire relance les questions sur sa capacité à concilier résultats et spectacle. Quintuple champion du monde, la Seleção n’a plus remporté le trophée depuis 2002. Leur plus longue disette depuis celle qui avait suivi 1970. La pression est immense, et chaque match doit désormais être un festival de football.