Moscou et Kiev s’affrontent dans un nouveau front rhétorique en Afrique. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé des ressortissants ukrainiens de soutenir le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette accusation a été rejetée par les autorités ukrainiennes dès le lendemain.
Lavrov s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue burundais, Édouard Bizimana, à l’issue d’une audience avec le président Évariste Ndayishimiye. Il évoque une agression du M23 «soutenu par des représentants étrangers, parmi lesquels figurent également des Ukrainiens », sans détailler la nature de cette présence ni produire d’élément à l’appui.
Heorhii Tykhyi, qualifie les propos de Lavrov de désinformation dépourvue de fondement. Il accuse en retour la Russie d’armer des groupes en violation des sanctions internationales et de recruter des ressortissants d’États africains pour combattre contre l’Ukraine.
Un précédent malien pèse sur la crédibilité de Kiev. Des mercenaires russes de Wagner et des soldats maliens sont tombés dans une embuscade tendue par des rebelles touaregs et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), dans le nord du Mali. Les rebelles revendiquent plusieurs dizaines de morts dans les deux camps. Le porte-parole officiel avait revendiqué un rôle avant de se rétracter.
Le dossier congolais reste, à ce stade, non documenté, tandis que Lavrov poursuit sa tournée diplomatique avant le troisième Sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre.