Le premier congrès ordinaire du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) s’est déroulé ce 14 mai 2026 au Palais de la Culture de Treichville, à Abidjan. Cette assemblée politique majeure a été marquée par la reconduction de l’ancien chef d’État ivoirien, Laurent Gbagbo, à la présidence du parti, ainsi que par une série de sanctions disciplinaires touchant plusieurs cadres et militants.
Âgé de 81 ans, Laurent Gbagbo a reçu l’approbation unanime des quelque 3 000 congressistes présents, confirmant ainsi son leadership. Cette décision émane d’une recommandation explicite du Comité central, désireux de maintenir le fondateur du PPA-CI, établi en octobre 2021, à la barre pour orienter les futures actions politiques.
Cette reconduction manifeste clairement l’ambition du PPA-CI de renforcer sa position au sein de l’opposition ivoirienne, cherchant à consolider la mobilisation citoyenne en vue des prochaines échéances électorales.
Néanmoins, le congrès a également été le cadre d’une profonde réorganisation interne. Des sanctions ont été prononcées à l’encontre de plusieurs figures du parti, accusées d’avoir ignoré les directives établies lors des scrutins législatifs et présidentiels de 2025.
Trois cadres éminents ont été purement et simplement radiés des rangs du parti : Awa Domelo, Fernand Ailé et Kanga Kwaku Antoine.
Par ailleurs, vingt-cinq militants ont écopé de suspensions variant de douze à dix-huit mois. Parmi les personnalités concernées, Stéphane Kipré et Ouien George Armand ont été écartés pour une période de dix-huit mois.
Ces mesures disciplinaires découleraient, d’après des informations internes, du soutien apporté par certains responsables à des candidatures indépendantes, en dépit des appels au boycott lancés par la direction du PPA-CI lors des consultations électorales passées.
Le dossier d’Awa Domelo a suscité un intérêt particulier, sa candidature ayant été initialement envisagée comme une parade face aux incertitudes juridiques planant sur l’éligibilité de Laurent Gbagbo à l’époque.
Pour la direction du PPA-CI, cette série de sanctions vise à affermir la discipline interne et à clarifier la ligne politique du mouvement, essentielle pour engager pleinement les citoyens africains dans les futures batailles électorales.
Ce rassemblement intervient dans un paysage politique ivoirien en pleine mutation, où le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), parti au pouvoir, ne cesse de démontrer sa puissance structurelle. Par cette affirmation d’autorité, le PPA-CI cherche à réaffirmer le rôle incontournable de Laurent Gbagbo comme pilier de son devenir.