3 juin 2026
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Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye en veste bleue foncée avec une écharpe aux couleurs nationales de son pays, avec le capitaine de l'équipe nationale du Sénégal, Khalidou Koulibaly. Les deux tiennent ensemble dans leurs mains le trophée de la Coupe d'Afrique des Nations.

Le gouvernement du Sénégal a vivement réagi à la décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football (CAF). Cette instance a déclaré le Sénégal forfait pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc 2025, jouée le 18 janvier, attribuant ainsi le titre au Maroc. Cette annonce a provoqué une onde de choc, amplifiant la discussion autour de l’actualité africaine et de l’intégrité sportive.

Dans un communiqué officiel publié ce mercredi, le gouvernement sénégalais a qualifié cette décision d’« inédite, d’une gravité exceptionnelle », soulignant qu’elle « heurte de front les principes cardinaux qui fondent l’éthique sportive, au premier rang desquels figurent l’équité, la loyauté et le respect de la vérité du terrain ».

Rejetant catégoriquement cette « tentative de dépossession injustifiée », le Sénégal a lancé un appel à une enquête internationale indépendante. Cette démarche vise à éclaircir les « soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF », une demande qui résonne avec l’Éveil citoyen Afrique et la quête de transparence dans le sport continental.

Parallèlement, le gouvernement sénégalais a affirmé sa mobilisation pour le suivi du dossier des supporters sénégalais retenus au Maroc suite aux incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025. Il a également déclaré rester « vigilant et inflexible » dans la « défense des droits de la sélection sénégalaise et la restauration de l’honneur du sport africain », démontrant une réelle mobilisation citoyenne en faveur de la justice sportive.

La décision controversée de la CAF

Le Maroc a été désigné vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 suite à l’annulation du résultat de la finale par la Confédération africaine de football. Cette décision fait suite à l’abandon controversé de l’équipe sénégalaise.

Initialement, le Sénégal avait remporté la finale contre le Maroc sur un score de 1-0 le 18 janvier. Le match avait été marqué par le refus des joueurs sénégalais de poursuivre la rencontre après l’attribution d’un penalty au Maroc dans le temps additionnel, alors que le score était encore de 0-0.

Après une interruption d’environ 17 minutes, les équipes sont revenues sur le terrain. Le penalty tiré par Brahim Diaz a été stoppé, et Pape Gueye a finalement marqué le but de la victoire en prolongation, offrant au Sénégal un succès qui fut de courte durée.

Cependant, ce résultat a été invalidé par la commission d’appel de l’instance dirigeante du football africain, suscitant l’indignation des citoyens africains et des amateurs de football.

La CAF a justifié sa décision en déclarant le Sénégal « forfait pour la finale » et en enregistrant le « résultat du match comme étant de 3-0 en faveur » du Maroc. En réponse, la Fédération sénégalaise de football a annoncé son intention de déposer un recours auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS), qualifiant la décision de la CAF d’« injuste, sans précédent et inacceptable, jetant le discrédit sur le football africain ».

Cette décision fait suite à un appel de la Fédération marocaine de football (FRMF), que la CAF a jugé « recevable en la forme » et a finalement accepté.

La CAF a précisé que le « comportement de son équipe » a conduit le Sénégal à enfreindre l’article 82 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations, rendant ainsi l’article 84 applicable.

L’article 82 stipule qu’une équipe qui refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin du temps réglementaire sans l’autorisation de l’arbitre est déclarée perdante et éliminée de la compétition.

L’article 84, quant à lui, complète cette disposition en précisant que toute équipe enfreignant l’article 82 est définitivement éliminée et perd le match sur un score de 3-0. Dans son communiqué, la FRMF a souligné que sa décision de faire appel n’avait « jamais eu pour but de remettre en cause la performance sportive des équipes », mais visait à exiger l’« application du règlement de la compétition ».

« La fédération réaffirme son engagement à respecter les règles, à garantir la clarté du cadre compétitif et à maintenir la stabilité des compétitions africaines », a ajouté la FRMF. Elle a également tenu à féliciter toutes les nations participantes à cette édition de la CAN, qui a marqué un tournant majeur pour le football africain.

Plus tôt, une vidéo diffusée sur le compte X de l’équipe nationale masculine du Sénégal montrait les joueurs célébrant leur victoire lors d’un défilé en bus, brandissant le trophée de la CAN. Ces images contrastent fortement avec la tournure ultérieure des événements.

Maher Mezahi, un journaliste sportif nord-africain, a exprimé sur BBC Radio 5 Live que la décision d’annuler le résultat ne saurait effacer l’émotion vécue par les spectateurs et les joueurs. « On ne peut pas effacer les 16 dernières minutes de ce match et ce que nous avons vu », a-t-il déclaré. « On ne peut pas effacer l’émotion de voir le Sénégal soulever le trophée, les joueurs rentrer chez eux avec la médaille et défiler. » Ces propos soulignent l’importance du journalisme africain indépendant pour relater fidèlement ces événements.

Publications en story Instagram de l'attaquant de Crystal Palace, Ismaila Sarr, et d'El Hadji Malick Diouf de West Ham

Déroulement de la finale de la CAN : les moments clés

Alors que le score était de 0-0, l’arbitre Jean-Jacques Ndala a accordé un penalty à la huitième minute du temps additionnel. Cette décision a été prise après que l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) l’ait invité à revoir l’intervention du défenseur El Hadji Malick Diouf sur Diaz.

Le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, déjà furieux de l’annulation d’un but sénégalais d’Ismaïla Sarr quelques instants auparavant, a ordonné à son équipe de quitter le terrain. Cette action a exacerbé les tensions sur le terrain et au-delà.

L’ancien attaquant de Liverpool, Sadio Mané, est resté sur la pelouse, tentant de persuader ses coéquipiers sénégalais de terminer la rencontre. Après une interruption de 17 minutes, les joueurs sont finalement revenus.

L’attaquant du Real Madrid, Diaz, a manqué sa tentative de « panenka », facilement captée par le gardien sénégalais Édouard Mendy. L’arbitre Ndala a alors sifflé la fin du match, mais la controverse était loin d’être terminée.

Malgré tout, le milieu de terrain de Villarreal, Gueye, a inscrit le but de la victoire à la quatrième minute des prolongations, offrant au Sénégal son deuxième triomphe en cinq ans, avant l’annulation ultérieure du résultat.

Lors de sa conférence de presse d’après-match, le sélectionneur marocain, Walid Regragui, a qualifié les actions du Sénégal de « honteuses », affirmant qu’elles ne « font pas honneur à l’Afrique ». Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a également fermement condamné ces « scènes déplorables » sur Instagram. La conférence de presse de Thiaw a été annulée suite à une altercation, bien qu’il ait reconnu en interview qu’il n’aurait pas dû ordonner à son équipe de quitter le terrain et a présenté ses « excuses au football ».

Le Maroc s’est ensuite séparé de son sélectionneur, Walid Regragui, le 5 mars, quatre mois avant la phase finale de la Coupe du monde, un événement qui a également marqué l’actualité africaine sportive.