À Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, la situation humanitaire des populations déplacées venues de l’Est du pays est alarmante. Ces personnes, fuyant les conflits armés, se retrouvent sans abri ni accès aux soins essentiels, entraînant déjà la mort de seize individus.
Des milliers de déplacés, ayant fui les violences persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo, se trouvent dans une situation critique à Kinshasa. Plusieurs décès ont été recensés en raison du manque d’assistance vitale.
La majorité de ces personnes déplacées proviennent des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où elles ont échappé à l’avancée des rebelles de l’AFC-M23 il y a plus d’un an. D’autres ont fui la province voisine de l’Ituri, en proie aux attaques de groupes armés tels que la Coopérative de développement du Congo (Codéco) et les Forces démocratiques alliées (ADF).
Une population laissée à son sort
Plus de 2 600 ménages sont confrontés à des conditions de vie extrêmement précaires. Beaucoup se retrouvent aujourd’hui sans logement, ayant été contraints de quitter les églises et mosquées qui leur offraient un abri temporaire.
La situation est d’autant plus préoccupante que de nombreuses personnes vulnérables figurent parmi ces déplacés.
« Nous comptons parmi eux des femmes enceintes, des personnes en situation de handicap, des enfants, des étudiants et des personnes âgées. Ils sont ici, privés d’accès aux soins de santé, au logement et à la nourriture. Leur détresse est totale », déplore Jordan Mulikuza, président des déplacés de l’Est à Kinshasa.
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Le chemin de croix des étudiants déplacés
Le sort des étudiants est particulièrement poignant. Certains ont fui la guerre directement, tandis que d’autres étaient déjà arrivés à Kinshasa pour poursuivre leurs études avant le début du conflit. Ces derniers vivent désormais dans des conditions effroyables, coupés de leurs familles qui ont dû fuir ou, dans le pire des cas, ont péri. Jacques Chiza, représentant de ces étudiants, témoigne de leur calvaire.
« Nous traversons des moments d’une extrême difficulté. Le manque de nourriture est criant. La plupart des étudiants n’ont pas d’endroit où dormir et passent la nuit à la belle étoile. Nous sommes totalement démunis d’assistance. Nous lançons un appel urgent à toute personne de bonne volonté pour nous venir en aide, car la situation est véritablement alarmante », alerte-t-il.
L’État appelé à une intervention immédiate
Seize personnes ont déjà succombé faute d’accès aux soins de santé dans la capitale congolaise. Les déplacés internes ont multiplié les requêtes auprès des autorités et des organisations humanitaires, mais sans obtenir de réponse significative jusqu’à présent. Ils exigent une prise en charge concrète par l’État.
« Chaque jour, nous enregistrons de nouveaux cas de maladies. J’adresse un appel pressant à la communauté internationale, aux agences des Nations unies et au gouvernement afin qu’ils examinent les possibilités d’intervenir », souligne Jordan Mulikuza, président des déplacés de l’Est à Kinshasa, avant d’avertir : « Nous demandons aux autorités d’agir avant que la situation ne dégénère davantage. C’est un cri d’alarme adressé au chef de l’État pour une action urgente ».
Alors que les déplacés expriment le souhait d’être regroupés sur un site unique, ce qui faciliterait l’acheminement de l’aide humanitaire, Théogène Nkundiye, conseiller au ministère des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, a déclaré que « leur situation est reconnue et fait l’objet d’une étude en vue d’une solution durable. Il est encore trop tôt pour en discuter aujourd’hui. Nous aurons plus d’informations au moment opportun ».
Ces déclarations indiquent qu’aucune décision concrète n’a encore été prise pour venir en aide à ces milliers de déplacés internes qui luttent pour leur survie dans la capitale congolaise.