Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet interpellé à son retour au Maroc
Le journaliste Ali Lmrabet, connu pour son engagement en faveur de la liberté de la presse, a été arrêté à son arrivée à l’aéroport de Tanger le 12 juillet 2026. Immédiatement transféré à Casablanca, il a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour « diffusion présumée de fausses informations ». Cette nouvelle interpellation soulève de vives inquiétudes quant à la situation des voix critiques au Maroc.
Une arrestation aux motivations controversées
Selon les informations officielles, Ali Lmrabet faisait l’objet de plusieurs avis de recherche pour des publications numériques jugées diffamatoires envers des personnalités et des institutions marocaines. Les chefs d’accusation incluent notamment « diffusion présumée de fausses informations portant atteinte aux institutions constitutionnelles ». Une qualification juridique qui interroge, alors que l’intéressé revenait au Maroc pour des démarches administratives personnelles depuis l’Espagne.
La voix d’une génération de journalistes indépendants
Ali Lmrabet incarne depuis plus de deux décennies le combat pour une presse libre au Maroc. Fondateur des hebdomadaires Demain Magazine et Doumane, il a marqué l’histoire du journalisme critique en étant emprisonné en 2003 pour « outrage au roi ». Condamné à quatre ans de prison ferme, il avait finalement été gracié après un an de détention.
Interdit d’exercer au Maroc en 2005 pour une nouvelle condamnation pour « diffamation », il a choisi de poursuivre son travail depuis l’étranger, notamment depuis la France et l’Espagne, où il réside aujourd’hui. Son engagement lui a valu d’être reconnu comme l’un des « 100 héros de l’information » par Reporters sans frontières en 2014. À travers ses vidéos diffusées en ligne, il continue de traiter des sujets politiques sensibles, toujours avec la même détermination.
Son influence s’étend bien au-delà des frontières marocaines, comme en témoignent ses collaborations avec des médias espagnols de renom tels qu’El Mundo et El País.
Une mobilisation internationale en faveur de sa libération
« L’arrestation d’Ali Lmrabet est un nouveau recul pour la liberté de la presse au Maroc. Criminaliser le travail journalistique revient à détourner la justice de sa mission première : protéger les droits fondamentaux. Nous exigeons sa libération immédiate. »
Le Maroc face à ses engagements internationaux
Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse au Maroc, classé à la 105e position sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF. Malgré des avancées législatives, les cas de harcèlement judiciaire et d’emprisonnement de journalistes persistent, remettant en question l’engagement du pays à respecter les standards internationaux en matière de droits humains.
Alors que la famille du journaliste assure qu’il n’a jamais été inquiété lors de ses précédents retours au Maroc, cette interpellation récente interroge sur l’évolution de la politique sécuritaire envers les voix dissidentes.