28 avril 2026
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illustration de l’influence pro-russe en afrique via des personnalités et des réseaux

L’influence russe en Afrique ne doit pas son succès à la seule puissance militaire de Moscou. Elle s’appuie sur un réseau d’influenceurs et de relais locaux, souvent méconnus du grand public, mais dont les actions façonnent l’opinion pro-Kremlin sur le continent. Parmi eux, Evgueni Prigojine, oligarque proche de Vladimir Poutine et financier de la nébuleuse Wagner, joue un rôle central. À travers des structures comme l’Afric (Association pour la recherche libre et la coopération internationale), dirigée depuis Maputo par l’universitaire mozambicain José Matemulane et présidée par Ioulia Afanasieva, une proche de Prigojine, Moscou étend son soft power africain.

L’Afric, fer de lance de la propagande pro-russe en Afrique

Ce réseau d’influence s’appuie sur des médias panafricains comme Radio Révolution panafricaine et Afrique Média TV, basés au Cameroun. Cette dernière appartient au groupe Afrique Média, dirigé par Justin B. Tagouh, qui affirme avoir rencontré Poutine à deux reprises. Ce Camerounais Banda Kani, président du Nouveau mouvement populaire, y défend des positions pro-Kremlin virulentes, qualifiant le régime de Kiev de « clique criminelle » et son dirigeant Volodymyr Zelensky de « voyou ».

L’Afric collabore étroitement avec ces plateformes médiatiques pour diffuser des messages anti-français ou pro-russes. Ces canaux, souvent relayés par des personnalités comme le militant franco-Béninois Kemi Seba, permettent à Moscou de promouvoir ses intérêts en Afrique.

Kemi Seba, pont entre l’Afrique et le Kremlin

Fondateur de l’ONG Urgence panafricaniste, Kemi Seba s’est rapproché ces dernières années de figures russes pro-Kremlin, comme Aleksandr Douguine, théoricien d’un monde multipolaire et idéologue anti-occidental influent dans l’entourage de Poutine. Seba avait été reçu par le maître du Kremlin dès 2017 et l’a rencontré à nouveau début mars. Lors de ce voyage à Moscou, il a été reçu par Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre des Affaires étrangères chargé de l’Afrique, avant de donner une conférence à l’Institut d’État des relations internationales.

Sur Vox Africa en octobre 2020, Kemi Seba a expliqué avoir été invité par Evgueni Prigojine en Russie, au Soudan et en Libye. Toutefois, il a pris ses distances avec l’oligarque lorsqu’il lui a suggéré d’organiser des actions violentes contre des symboles occidentaux, même si cela devait causer des dommages collatéraux en Afrique. Malgré cela, l’activiste continue de partager des contenus favorables aux thèses du Kremlin sur les réseaux sociaux.

Nathalie Yamb, l’égérie controversée du pro-russisme africain

Proche de Kemi Seba, qui la décrit comme sa « grande sœur de cœur et de lutte », Nathalie Yamb évolue également dans le réseau de l’Afric. Cette Suissesse d’origine camerounaise se présente comme la « dame de Sotchi » depuis sa participation remarquée au sommet Russie-Afrique en octobre 2019. Ses prises de position virulentes contre la France lui ont valu d’être expulsée de Côte d’Ivoire en décembre 2019.

Selon un rapport de l’ONG Free Russia Foundation, Nathalie Yamb a participé à une conférence organisée par l’Afric à Berlin en janvier 2020, en partenariat avec la Fondation pour la protection des valeurs nationales, dirigée par Alexander Malkevitch, un « journaliste » proche des services de renseignement russes. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, elle affiche clairement son soutien à l’armée russe.

Le parti ivoirien Lider, relais de la propagande pro-russe

Nathalie Yamb est membre du Lider, parti ivoirien dont le compte Twitter relaie régulièrement la propagande pro-russe, en particulier depuis le déclenchement de la guerre. Bien que son fondateur, Mamadou Koulibaly, ait officiellement pris sa retraite politique, il s’est rendu à Bamako en mars pour soutenir la junte pro-russe. Dans une interview à Vox Africa, il a expliqué avoir répondu à l’invitation d’un mouvement de jeunes panafricanistes, souhaitant « contourner l’embargo et épauler les populations et les jeunes qui luttent pour leur souveraineté ».

En Afrique du Sud, les réseaux sociaux amplifient également les positions pro-russes. Le compte Twitter attribué à Duduzile Zuma-Sambudla, fille de l’ex-président Jacob Zuma, compte plus de 200 000 abonnés. Ce profil aurait été le premier à populariser le hashtag #istandwithrussia dans le pays, partagé plusieurs centaines de milliers de fois depuis. La majorité des contenus associés dénoncent l’OTAN et l’impérialisme occidental.

  • Kemi Seba : militant franco-béninois, fondateur de l’ONG Urgence panafricaniste, proche de figures russes pro-Kremlin comme Aleksandr Douguine.
  • Nathalie Yamb : Suissesse d’origine camerounaise, égérie controversée du pro-russisme africain, expulsée de Côte d’Ivoire en 2019.
  • Evgueni Prigojine : oligarque russe proche de Vladimir Poutine, financier de la nébuleuse Wagner et de structures comme l’Afric.
  • Adama Diarra dit « Ben le cerveau » : figure malienne pro-russe, porte-parole du mouvement Yerewolo – Debout sur les remparts, relais du soft power russe à Bamako.
  • Fred Krock : directeur de la radio centrafricaine Lengo Songo, entièrement financée par Lobaye Invest, société minière liée à Wagner en RCA.

Les relais africains du soft power russe

Au-delà des personnalités influentes, Moscou s’appuie sur des relais locaux pour diffuser sa propagande en Afrique. Ces acteurs, souvent méconnus, jouent un rôle clé dans la promotion des intérêts russes sur le continent.

Le Cameroun, bastion médiatique pro-Kremlin en Afrique centrale

Le groupe Afrique Média, basé au Cameroun, est l’un des principaux vecteurs de la propagande pro-russe en Afrique centrale. Dirigé par Justin B. Tagouh, ce groupe de presse organise des événements et diffuse des contenus favorables à Moscou. Ce Camerounais Banda Kani, président du Nouveau mouvement populaire, y défend des positions pro-Kremlin virulentes, qualifiant le régime ukrainien de « clique criminelle » et son dirigeant de « voyou ».

Bangui, plaque tournante de la communication pro-russe en Afrique centrale

En République centrafricaine (RCA), la galaxie Prigojine étend son influence jusqu’à Bangui. Fred Krock, directeur de la radio Lengo Songo, est l’un des relais médiatiques principaux du Kremlin dans le pays. Cette radio, entièrement financée par Lobaye Invest, société minière liée à Wagner en RCA, relaie régulièrement les positions pro-russes de figures locales comme l’ex-ambassadeur Vladimir Titorenko, l’ex-conseiller présidentiel Valeri Zakharov ou encore Aleksandr Ivanov, patron de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale (Cosi).

Cette radio est également utilisée par une partie de la société civile centrafricaine, notamment par Blaise Didacien Kossimatchi, membre de la plateforme « Galaxie nationale » (très pro-Touadéra), et Harouna Douamba, président de « Aimons notre Afrique », une association financée par Lobaye Invest. Ces deux hommes comptent parmi les organisateurs des manifestations pro-russes à Bangui.

Le Mali, terrain d’opérations du soft power russe en Afrique de l’Ouest

Au Mali, l’influence russe s’étend via des figures locales comme Adama Diarra dit « Ben le cerveau ». Porte-parole du mouvement Yerewolo – Debout sur les remparts, une association malienne pro-russe, il est l’un des premiers à confirmer en septembre 2021 la négociation d’un accord entre Wagner et l’État malien. Depuis l’automne 2021, il est à l’origine de l’organisation de presque toutes les manifestations pro-russes à Bamako.

Selon des rumeurs confirmées par Adama Diarra, « cinquante experts militaires russes sont présents au Mali depuis plus d’un mois. Leur mission consiste à réaliser une expertise stratégique ». Ce fervent défenseur de la junte malienne, membre du Conseil national de transition (CNT), joue un rôle central dans la diffusion des positions pro-russes dans le pays.

Mamadou Koulibaly et le Lider : un parti ivoirien au service de la propagande pro-russe

En Côte d’Ivoire, le Lider, parti politique dirigé par Mamadou Koulibaly, est l’un des relais les plus actifs de la propagande pro-russe. Depuis son expulsion en 2019, Koulibaly maintient des liens étroits avec des figures russes pro-Kremlin et continue de promouvoir les intérêts de Moscou sur les réseaux sociaux. Le compte Twitter officiel du Lider, qui compte des milliers d’abonnés, relaie régulièrement des contenus favorables à la Russie, en particulier depuis le début de la guerre en Ukraine.

Bien que Mamadou Koulibaly ait officiellement pris sa retraite politique, il s’est rendu à Bamako en mars pour soutenir la junte pro-russe. Dans une interview accordée à Vox Africa, il a expliqué avoir répondu à l’invitation d’un mouvement de jeunes panafricanistes, souhaitant « braver l’embargo et soutenir les populations et les jeunes qui œuvrent pour leur indépendance ».

Les figures pro-russes en Afrique : entre activisme et controverses

Ces personnalités influentes, souvent issues de la société civile ou de milieux militants, jouent un rôle clé dans la promotion des positions pro-russes en Afrique. Leur activisme, parfois controversé, façonne l’opinion publique sur le continent.

Kemi Seba : entre activisme anticolonial et proximité pro-Kremlin

Activiste anticolonialiste bien connu, Kemi Seba s’est rapproché ces dernières années de figures russes pro-Kremlin. Après avoir été reçu par Vladimir Poutine en 2017, il a rencontré à nouveau le maître du Kremlin en mars 2022. Lors de ce voyage à Moscou, il a également été reçu par Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre des Affaires étrangères chargé de l’Afrique, avant de donner une conférence à l’Institut d’État des relations internationales.

Sur les ondes de Vox Africa en octobre 2020, Kemi Seba a expliqué avoir été invité par Evgueni Prigojine en Russie, au Soudan et en Libye. Toutefois, il a pris ses distances avec l’oligarque lorsqu’il lui a suggéré d’organiser des actions violentes contre des symboles occidentaux, même si cela devait causer des dommages collatéraux en Afrique. Malgré cela, l’activiste continue de partager des contenus favorables aux thèses du Kremlin sur les réseaux sociaux.

Nathalie Yamb : entre french-bashing et soutien explicite à l’armée russe

Proche de Kemi Seba, Nathalie Yamb est l’une des détractrices de la France et de ses alliés sur le continent les plus suivies sur les réseaux sociaux. Ses prises de position virulentes lui ont valu d’être expulsée de Côte d’Ivoire en décembre 2019. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, elle affiche clairement son soutien à l’armée russe.

Selon un rapport de l’ONG Free Russia Foundation, Nathalie Yamb a participé à une conférence organisée par l’Afric à Berlin en janvier 2020, en partenariat avec la Fondation pour la protection des valeurs nationales, dirigée par Alexander Malkevitch, un « journaliste » proche des services de renseignement russes. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, elle multiplie les déclarations favorables aux thèses du Kremlin.

Russie-Afrique : les réseaux d’influence de Moscou sur le continent

L’influence russe en Afrique s’étend bien au-delà des simples relations diplomatiques. Moscou déploie un réseau sophistiqué d’acteurs relais pour diffuser sa propagande et promouvoir ses intérêts sur le continent. Ces structures, souvent liées à l’oligarque Evgueni Prigojine, jouent un rôle central dans la diffusion des messages pro-Kremlin en Afrique.

L’Afric (Association pour la recherche libre et la coopération internationale) : un réseau pro-Kremlin en Afrique

Dirigée depuis Maputo par l’universitaire mozambicain José Matemulane et présidée par Ioulia Afanasieva, une proche de Prigojine, l’Afric est l’une des principales structures de diffusion de la propagande pro-russe en Afrique. Cette association entretient des liens étroits avec plusieurs médias panafricains, comme Radio Révolution panafricaine et Afrique Média TV, basés au Cameroun.

Ces canaux médiatiques permettent à Moscou de diffuser des messages pro-russes ou anti-français en Afrique. Ils organisent également des événements pour promouvoir les thèses du Kremlin sur le continent, en particulier auprès des jeunes générations.

  • José Matemulane : universitaire mozambicain formé en psychologie, directeur de l’Afric depuis Maputo.
  • Ioulia Afanasieva : associée de Prigojine, présidente de l’Afric.
  • Aleksandr Douguine : théoricien russe pro-Kremlin d’un monde multipolaire et idéologue anti-occidental.
  • Alexander Malkevitch : structure liée à Prigojine en Afrique, co-organisatrice de conférences pro-russes.
  • Justin B. Tagouh : propriétaire d’Afrique Média TV, basé au Cameroun, qui affirme avoir rencontré Poutine.

La Free Russia Foundation : un rapport révélateur sur les réseaux pro-russes en Afrique

Selon un rapport publié par la Free Russia Foundation, plusieurs personnalités influentes en Afrique entretiennent des liens étroits avec des structures liées au Kremlin. Ces acteurs, souvent méconnus, jouent un rôle clé dans la diffusion des positions pro-russes sur le continent.

Ce document met notamment en lumière la participation de figures comme Nathalie Yamb à des conférences organisées par l’Afric en Europe, en partenariat avec des fondations russes pro-Kremlin. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, ces personnalités affichent clairement leur soutien à l’armée russe.

Les médias pro-russes en Afrique : entre Afrique Média TV et Lengo Songo

En Afrique, plusieurs médias panafricains servent de relais à la propagande pro-russe. Ces plateformes, souvent basées dans des pays comme le Cameroun ou la République centrafricaine, diffusent des contenus favorables à Moscou et organisent des événements pour promouvoir les intérêts russes sur le continent.

Parmi ces structures, Afrique Média TV, basée au Cameroun et dirigée par Justin B. Tagouh, est l’une des principales plateformes de diffusion de la propagande pro-russe en Afrique centrale. En République centrafricaine, la radio Lengo Songo, entièrement financée par Lobaye Invest, relaie régulièrement les positions pro-russes de figures locales.

Ces canaux médiatiques permettent à Moscou de toucher un public large en Afrique, en particulier les jeunes générations. Ils jouent un rôle central dans la diffusion des messages pro-Kremlin sur le continent.

Les influenceurs pro-Poutine en Afrique : un phénomène à comprendre

L’émergence de ces personnalités pro-russes en Afrique ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de Moscou pour étendre son influence sur le continent et promouvoir ses intérêts auprès des populations africaines.

Qui sont ces influenceurs pro-russes en Afrique ?

Ces acteurs, souvent issus de la société civile, des milieux militants ou des sphères médiatiques, jouent un rôle clé dans la diffusion des positions pro-russes en Afrique. Leur activisme, parfois controversé, permet à Moscou de toucher un public large et de promouvoir ses intérêts sur le continent.

Kemi Seba, militant franco-béninois et fondateur de l’ONG Urgence panafricaniste, s’est rapproché ces dernières années de figures russes pro-Kremlin, comme Aleksandr Douguine. Après avoir été reçu par Vladimir Poutine en 2017, il a rencontré à nouveau le maître du Kremlin en mars 2022.

Nathalie Yamb, Suissesse d’origine camerounaise, est l’une des détractrices de la France et de ses alliés sur le continent les plus suivies sur les réseaux sociaux. Ses prises de position virulentes lui ont valu d’être expulsée de Côte d’Ivoire en décembre 2019. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, elle affiche clairement son soutien à l’armée russe.

Comment Moscou étend-il son influence via ces relais ?

Pour diffuser sa propagande et promouvoir ses intérêts en Afrique, Moscou s’appuie sur un réseau sophistiqué d’acteurs relais. Ces structures, souvent liées à l’oligarque Evgueni Prigojine, jouent un rôle central dans la diffusion des messages pro-Kremlin sur le continent.

Parmi ces acteurs, l’Afric (Association pour la recherche libre et la coopération internationale) est l’une des principales structures de diffusion de la propagande pro-russe en Afrique. Cette association entretient des liens étroits avec plusieurs médias panafricains, comme Radio Révolution panafricaine et Afrique Média TV, basés au Cameroun.

Pourquoi ces personnalités pro-russes gagnent-elles en audience ?

En Afrique, ces influenceurs pro-russes bénéficient d’une audience croissante grâce à leur activisme anticolonial, leurs prises de position virulentes contre l’Occident ou leurs déclarations favorables à la Russie. Leur capacité à toucher un public large sur le continent en fait des acteurs clés de la promotion des intérêts russes en Afrique.

  • Anticolonialisme : figures comme Kemi Seba défendent une vision anti-française du continent, en phase avec les thèses du Kremlin.
  • Anti-occidentalisme : personnalités comme Nathalie Yamb dénoncent régulièrement l’impérialisme occidental, en écho avec les positions de Moscou.
  • Soutien explicite à Moscou : depuis 2022, ces acteurs affichent clairement leur soutien à l’armée russe dans le conflit ukrainien.