7 septembre 2026
40fd9bdc-eba3-43c4-be5e-249e14229c8d

Le calme est revenu dans les rues de Niamey, mais ce silence est trompeur. La tentative de putsch de la fin août a été matée, mais les cicatrices restent ouvertes au sein de l’armée nigérienne. Des officiers et des soldats expriment ouvertement leur amertume, accusant le régime du général Abdourahamane Tiani d’avoir fait appel à des forces étrangères pour réprimer une révolte interne. Cette décision, perçue comme une trahison, pourrait bien être le début de la fin pour le pouvoir en place.

Une mutinerie qui révèle un malaise profond

Dans la nuit du 28 au 29 août, des soldats issus de différentes unités ont tenté de prendre le contrôle de la base aérienne 101 et de zones proches du palais présidentiel. L’opération, rapidement qualifiée de mutinerie par les autorités, a semé le trouble dans la capitale. Les loyalistes, appuyés par les forces russes de l’Africa Corps, ont finalement repris la situation en main. Mais le fait que des militaires nigériens aient dû être combattus par des mercenaires étrangers a profondément choqué l’opinion et, surtout, les hommes en uniforme.

Une souveraineté mise à mal

Depuis le coup d’État de 2023, la junte a fait de la souveraineté nationale son cheval de bataille, justifiant le départ des troupes françaises et américaines. Aujourd’hui, les Nigériens voient des soldats russes patrouiller dans leurs rues pour défendre un régime qui se dit indépendant. La contradiction est flagrante et alimente un sentiment de trahison. « On nous a dit que nous étions libres, mais le pouvoir est plus protégé que jamais par des étrangers », confie un gradé sous couvert d’anonymat.

L’armée, entre frustration et colère

La mutinerie du 29 août n’est pas un acte isolé. Elle est le symptôme d’un malaise profond qui couve dans les casernes. Les soldats engagés sur les fronts contre les groupes jihadistes subissent des pertes humaines et matérielles importantes, sans voir d’amélioration significative sur le terrain. La junte avait promis de rétablir la sécurité et de rendre sa dignité au Niger, mais trois ans plus tard, le bilan est maigre. Les frustrations s’accumulent, et l’intervention russe a servi de détonateur.

Tiani, du libérateur au protégé de Moscou

Le général Tiani est arrivé au pouvoir en renversant le président élu Mohamed Bazoum, avec pour argument principal la lutte contre l’insécurité et la corruption. Aujourd’hui, pour se maintenir, il dépend de la protection de puissances étrangères, notamment la Russie et désormais l’Algérie. Cette situation est perçue comme une humiliation par de nombreux militaires, qui se demandent pourquoi ils devraient donner leur vie pour un régime qui n’hésite pas à les trahir.

L’Algérie entre en scène, renforçant l’encerclement

Après la tentative de putsch, l’Algérie a déployé des moyens militaires à Niamey, une décision qui marque un tournant dans sa politique étrangère. Officiellement, il s’agit d’un soutien à la stabilité, mais sur le terrain, cela signifie que le Niger est désormais sous la tutelle de plusieurs puissances étrangères. Pour la junte, c’est une démonstration de force, mais pour les soldats, c’est une preuve supplémentaire que le pouvoir ne peut plus se passer de ses alliés.

Une poudrière prête à exploser

La mutinerie du 29 août pourrait n’être que le début. Les ressentiments au sein de l’armée sont profonds, et la présence de forces étrangères ne fait qu’attiser la colère. Les soldats qui ont vu leurs camarades tomber sous les balles russes pourraient bien vouloir un jour régler leurs comptes. Aucune puissance étrangère ne pourra éternellement protéger un régime qui a perdu la confiance de son armée. Le général Tiani aurait tout intérêt à écouter les murmures qui montent des casernes avant qu’il ne soit trop tard.