Un tournant judiciaire dans l’affaire d’Armale Aïvohozin, surnommée Deo
Trois ans après les faits, l’ouverture du procès de l’homme accusé du féminicide présumé d’Armale Aïvohozin, dite « Deo », constitue un tournant décisif pour la justice. Ce lundi 2 novembre 2026, la cour d’assises de l’Essonne a entamé les débats sur cette affaire qui a ébranlé le quartier de la Grande Borne à Grigny. Le corps de cette mère béninoise de 44 ans, mère de trois enfants, avait été retrouvé dissimulé dans un congélateur, deux jours après sa disparition.
Disparition brutale et découverte macabre
Le 20 juillet 2023, Armale Aïvohozin disparaît sans laisser de traces. Son fils aîné, inquiet de ne plus réussir à la joindre, se rend sur place et découvre que son compagnon, un boucher du quartier, se présente comme son protecteur. Pourtant, les recherches aboutissent à une révélation tragique : le corps sans vie de la quadragénaire est retrouvé deux jours plus tard, caché dans un congélateur situé au-dessus de la boucherie. L’autopsie confirme une mort par balles, avec deux impacts, l’un au thorax et l’autre à la tête.
Un procès sous haute tension
L’accusé, qui reconnaît avoir tiré sur sa compagne, évoque un accident. Pourtant, les enquêteurs ont relevé des indices troublants : des menaces répétées de suicide en cas de rupture, une jalousie maladive, et des éléments suggérant une volonté de dissimulation. La cour devra trancher entre ces déclarations et les faits établis par l’enquête.
Un témoignage poignant
Le fils aîné de la victime, âgé de 27 ans, a livré un récit bouleversant devant les jurés. Il a détaillé les derniers instants partagés avec sa mère, son inquiétude croissante, et les mensonges proférés par l’accusé pour expliquer sa disparition. Ces déclarations ont mis en lumière l’angoisse d’une famille en quête de réponses.
Un second accusé pour complicité
L’affaire ne s’arrête pas au principal suspect. Un deuxième homme, poursuivi pour recel de cadavre et modification de la scène de crime, comparaît également. Son rôle présumé dans la dissimulation du corps ajoute une dimension supplémentaire à cette procédure judiciaire, visant à élucider les circonstances exactes de cette tragédie.
Les enjeux du verdict
Les débats s’annoncent intenses, avec pour objectif de faire la lumière sur les dernières heures de la vie d’Armale Aïvohozin. Pour sa famille, ce procès représente une étape cruciale dans leur quête de vérité et de justice. Le verdict est attendu pour ce mercredi 4 novembre 2026.
Un rappel glaçant des violences conjugales
Au-delà des aspects judiciaires, cette affaire rappelle avec force la réalité des violences faites aux femmes. Le féminicide présumé d’une mère béninoise, dissimulé de manière sordide, constitue un exemple extrême des drames qui se jouent encore trop souvent derrière les portes closes. Les proches de la victime espèrent que ce procès permettra de faire avancer la compréhension des mécanismes de ces violences et de rendre justice à Armale Aïvohozin.
L’accusé, comme tout justiciable, reste présumé innocent jusqu’à preuve du contraire.