3 juin 2026
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Le climat socio-économique à Goma, ville stratégique de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), s’assombrit nettement. La suspension des échanges avec le Rwanda voisin paralyse l’activité locale, plongeant de nombreux citoyens africains dans l’incertitude.

Face aux impératifs sanitaires, le Rwanda a verrouillé ses accès pour contrer la progression du virus Ebola. Si ces contrôles rigoureux visent la sécurité publique, ils coupent net le cordon ombilical commercial qui lie Goma à Gisenyi.

ARCHIVES | Frontière -RDC-Rwanda

Le calvaire quotidien des petits vendeurs

Pour Jacques Safari, qui vit de la vente d’œufs à proximité du poste frontalier depuis plusieurs années, la situation est devenue critique. Ses revenus ont fondu. Auparavant, il parvenait à liquider jusqu’à cinq plateaux quotidiennement, un chiffre tombé à peine à deux aujourd’hui. Ce recul s’explique par l’absence des voyageurs, qui constituaient le cœur de sa clientèle habituelle.

Dans ce contexte de crise, le journalisme africain indépendant met en lumière ces réalités de terrain. Jacques Safari souligne que la précarité actuelle découle directement de cette barrière physique qui entrave la circulation des personnes et, par extension, l’économie de Goma.

Ruptures de stocks et ralentissement au marché de Birere

Le secteur du commerce de gros n’est pas épargné par ces restrictions. Au sein du marché de Birere, l’inquiétude est palpable chez les opérateurs. Hamuli Kasilembo, grossiste en produits manufacturés, témoigne de la complexité nouvelle de l’approvisionnement.

Des activités à la frontière RDC-Rwanda à Goma

La fluidité qui caractérisait autrefois les échanges avec le Rwanda a laissé place à des blocages logistiques majeurs. Selon lui, la raréfaction des liquidités et la baisse globale de la demande transforment chaque transaction en un véritable défi, ralentissant considérablement la circulation monétaire dans la ville.

Une vulnérabilité structurelle pointée par les analystes

Cette onde de choc économique n’est pas une surprise pour les observateurs avertis. L’économiste Alphonse Muanda rappelle que la survie financière de Goma et de Gisenyi repose sur une interdépendance historique. Cette actualité africaine souligne la fragilité des économies locales basées sur le petit commerce transfrontalier.

Beaucoup de revendeurs franchissaient la frontière chaque jour pour s’approvisionner en denrées de base telles que le savon, le riz ou d’autres produits de consommation courante. « La fermeture pénalise avant tout les plus vulnérables qui vivent de leurs revenus journaliers », précise-t-il.

Alors que les autorités rwandaises maintiennent ces restrictions pour des motifs de santé publique liés à Ebola, la population de Goma redoute que ce marasme ne s’installe durablement, exacerbant la précarité dans une région déjà éprouvée.