15 juillet 2026
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Libreville entame une phase décisive dans l’élaboration du budget national pour 2027. Le gouvernement gabonais a officiellement lancé les conférences budgétaires dédiées à l’analyse des recettes et des dépenses publiques, une étape incontournable pour finaliser le projet de loi de finances (PLF) de l’année prochaine.

Un calendrier structuré en deux temps forts

Conformément à la circulaire n°000245/PR/SG datée du 31 mars 2026, qui encadre le processus d’élaboration des lois de finances, ces assises se divisent en deux sessions distinctes. La première, intitulée « phase ministérielle », se déroule du 14 au 17 juillet à Libreville. La seconde, intitulée « phase technique », aura lieu du 20 au 24 juillet au sein des différents ministères et administrations concernées.

Cette dernière rassemblera les responsables de programme, les acteurs étatiques clés ainsi que les équipes de la Direction générale du budget et du Commissariat général au plan et au développement. L’objectif ? Valider la fiabilité des projections financières, évaluer la viabilité des dépenses proposées et identifier les besoins de financement des institutions publiques.

Des objectifs ambitieux pour un budget « sincère et durable »

Les travaux engagés visent à poser les bases d’un budget 2027 « sincère, réaliste et soutenable », comme le souligne le communiqué officiel. Dans un contexte économique exigeant, les autorités gabonaises misent sur une meilleure mobilisation des ressources publiques et une optimisation des dépenses pour garantir une gestion financière saine et transparente.

Ces conférences s’inscrivent dans la continuité des orientations stratégiques définies par le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Elles s’appuient également sur les conclusions du débat d’orientation budgétaire tenu le 27 juin dernier, ainsi que sur les échanges parlementaires relatifs à la loi de finances rectificative 2026. Les engagements pris lors de la conférence des chefs d’État de la CEMAC à Brazzaville en janvier 2026 y sont pleinement intégrés.

Priorités nationales au cœur des arbitrages

Les choix budgétaires à venir devront refléter les priorités fixées par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, comme en témoigne son discours sur l’état de la Nation prononcé le 15 juin 2026 devant le Parlement. Ces orientations s’articulent autour de trois axes majeurs : les infrastructures, les politiques sociales et la consolidation des finances publiques.

Un budget 2026 ajusté dans un contexte économique contraint

Pour l’exercice en cours, le budget de l’État a été révisé à la baisse via une loi de finances rectificative, passant de 6 358,2 milliards à 5 495,2 milliards de francs CFA, soit une réduction de 862,9 milliards. Cette décision répond à un double impératif : adapter les recettes aux réalités économiques et maîtriser les dépenses publiques dans un environnement marqué par des défis structurels.

Malgré ce repli, le gouvernement a maintenu ses priorités sectorielles, notamment en matière d’investissements publics et de protection sociale, afin de soutenir la transition économique et institutionnelle en cours.

Alignement sur les priorités nationales et cadre macroéconomique

Thierry Minko, ministre de l’Économie, a souligné l’importance d’aligner les propositions issues de ces conférences sur le document de cadrage macroéconomique et budgétaire pour la période 2027-2029. Selon lui, il est essentiel que l’action publique réponde aux priorités définies par les plus hautes autorités du pays, tout en assurant une cohérence globale avec les engagements nationaux et régionaux.

Réunion des conférences budgétaires pour préparer le budget 2027 au Gabon