Gabon : la HAC et Meta échangent sur la régulation des réseaux sociaux
Lors de la conférence internationale « Abidjan 2 », dédiée à la régulation de l’intelligence artificielle et des plateformes numériques, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) du Gabon, Germain Ngoyo Moussavou, a engagé des discussions avec les dirigeants de Meta. L’enjeu principal ? L’avenir des réseaux sociaux dans le pays et les pistes pour un cadre réglementaire plus strict de l’espace numérique.
Organisée du 1er au 3 juin 2026 à Abidjan en Côte d’Ivoire, cette rencontre a rassemblé des régulateurs africains, des experts du numérique et des représentants des grandes plateformes technologiques. L’accent était mis sur l’intelligence artificielle, la modération des contenus et la préservation de la liberté d’expression en ligne.
Un sujet brûlant : la suspension des réseaux sociaux au Gabon
En marge des débats, Germain Ngoyo Moussavou a rencontré Balkissa Idé Siddo, directrice des politiques publiques de Meta pour l’Afrique subsaharienne, ainsi que Serge Mbengue, responsable de l’entreprise pour l’Afrique de l’Ouest. Les échanges ont porté sur la décision récente de suspension des réseaux sociaux au Gabon, une mesure qui a suscité des interrogations à l’échelle internationale.
Selon le communiqué officiel de la HAC, Meta a reconnu la légitimité de cette décision souveraine prise par les autorités gabonaises. L’entreprise a également exprimé sa compréhension des raisons invoquées pour justifier cette suspension. Par ailleurs, Balkissa Idé Siddo a souligné l’importance accordée par Meta au suivi des initiatives réglementaires engagées par le Gabon pour structurer davantage l’usage des réseaux sociaux et des plateformes numériques.
Vers une collaboration renforcée entre le Gabon et Meta ?
Bien que Meta ait exprimé le souhait de voir la mesure de suspension levée, l’entreprise a réaffirmé sa volonté de maintenir un dialogue constructif avec la HAC. L’objectif ? Améliorer la modération des contenus liés au Gabon et renforcer la coopération entre les deux parties.
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte où les enjeux de régulation du numérique gagnent en importance en Afrique. Les participants à la conférence « Abidjan 2 » ont d’ailleurs adopté une déclaration finale appelant au renforcement des capacités des régulateurs, à l’élaboration de cadres juridiques adaptés à l’intelligence artificielle et aux réseaux sociaux, ainsi qu’à une meilleure intégration des langues africaines dans les outils numériques. Cette dynamique illustre la volonté des États africains de reprendre le contrôle de leur espace numérique tout en maintenant un dialogue ouvert avec les acteurs internationaux du secteur.