24 juin 2026
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Félix Tshisekedi en mission sur le front de l’épidémie d’Ebola en Ituri

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a confirmé une visite imminente en Ituri, épicentre de la 17e épidémie d’Ebola du pays. Cette région du nord-est, en proie à des violences persistantes, concentre l’essentiel des contaminations depuis le 15 mai, date de la déclaration officielle.

Avec 1 048 cas confirmés et 267 décès enregistrés à ce jour, la RDC, classée parmi les nations les plus pauvres du monde, affronte un bilan humain lourd. Le taux de létalité atteint 25,5 %, un chiffre qui alerte les observateurs. Par ailleurs, la propagation du virus ne se limite pas à la RDC : vingt cas, dont deux mortels, ont été recensés en Ouganda voisin.

Félix Tshisekedi en Ituri pour combattre l'épidémie d'Ebola

Un engagement présidentiel fort face à la crise sanitaire

Lors d’une rencontre officielle à Kinshasa en présence de son homologue burundais Evariste Ndayishimiye, le chef de l’État congolais a réaffirmé sa détermination : « Je me rendrai très prochainement en Ituri, sur les lieux mêmes de l’épidémie, pour en assurer le suivi personnellement. Mon engagement est total. »

Pourtant, la riposte sanitaire a connu des débuts difficiles. Bien que les moyens soient progressivement renforcés, les structures locales manquent cruellement de matériel essentiel : protections individuelles, solutions hydroalcooliques ou chlore. Depuis plus d’un mois, les centres de traitement Ebola, installés avec l’appui de l’OMS et d’ONG partenaires, affichent déjà un taux d’occupation supérieur à 80 %.

Un virus sans vaccin et une sous-estimation des bilans

Le virus responsable de cette épidémie est le Bundibugyo, pour lequel aucun vaccin ni traitement n’existe à ce jour. Les vaccins actuellement disponibles ne ciblent que la souche Zaïre, responsable des épidémies les plus meurtrières en Afrique ces cinquante dernières années. Or, le Bundibugyo se propage rapidement par contact avec les fluides corporels, compliquant encore davantage la lutte.

Les experts sur le terrain, dont des organisations humanitaires internationales, mettent en garde contre une sous-estimation des bilans officiels. Selon eux, le pic épidémique n’a pas encore été atteint, et la crise pourrait s’étendre sur une période de six mois à un an. Les capacités de dépistage se sont améliorées, mais les défis logistiques et sécuritaires persistent en raison de l’instabilité dans la région.

Un défi majeur pour la santé publique congolaise

Cette épidémie intervient dans un contexte déjà fragile pour la RDC, où trois provinces de l’est sont touchées. Les efforts de traçage des contacts et d’isolement des malades, piliers de la stratégie de lutte contre Ebola, peinent à suivre l’évolution de la situation. Les autorités sanitaires appellent à une mobilisation accrue pour endiguer la propagation avant qu’elle ne s’aggrave.